Le retour de Georges Vézina

Georges Vézina... (Archives, La Presse)

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Georges Vézina

Archives, La Presse

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / La joyeuse troupe du Procès à l'ancienne sur la conscription de 1917 a fait un clin d'oeil à Georges Vézina. Sans doute pour piquer la curiosité à une semaine de la course effrénée des appelés à la conquête de la coupe Stanley dont les élus, espère-t-on, seront canadiens. Mais aussi pour exploiter l'heureuse coïncidence d'un autre centenaire, celui de la naissance de la LNH après son incubation au sein de l'Association nationale de hockey.

Ce serait encore davantage l'année souvenir de Georges Vézina si la rumeur touchant la prochaine saison de La Fabuleuse devient réalité. Selon ces chuchotements qui sont parvenus jusqu'à nos oreilles, le spectacle à grand déploiement imaginé par le regretté Ghislain Bouchard et réalisé conjointement avec Louis Wauthier, intégrerait les références grandioses à l'Hôtel Roberval et à l'épopée de Georges Vézina faites par Michel Marc Bouchard dans les éphémères Aventures d'un Flo.

L'Hôtel Roberval

Idée géniale même si elle se concrétise au prix de tableaux qui ont contribué au succès de cette production unique. À son trentaine anniversaire, La Fabuleuse rappellerait l'extravagant projet élaboré par Horace-Jansen Beamer qui avait fait fortune dans la construction de trains. Il fait ériger, à Roberval, un hôtel suffisamment somptueux pour attirer de fortunés Américains et de nobles Européens, pêcheurs de gros spécimens, à la découverte de notre folklore et de nos grands espaces.

Sa faculté de transmettre son enthousiasme à une clientèle huppée rend incontournables le lac Saint-Jean et sa ouananiche abondante de même que les attraits naturels toujours très fréquentés comme Pointe-Bleue, le fjord du Saguenay et la chute de Val-Jalbert. Mais l'incendie qui réduit en cendres le beau château du grand entrepreneur en 1908 met un terme à la merveilleuse aventure.

Quant à Georges Vézina, il demeure une énigme pour ses admirateurs. C'est le confrère Robert Quenneville qui éveilla l'intérêt des Bleuets pour celui dont le trophée attribué au meilleur cerbère au terme de chaque saison porte son nom. Journaliste vedette à Radio-Canada Chicoutimi, il recommanda, avec succès, de remplacer le nom de Colisée attribué au plus important aréna de la région en Centre Georges-Vézina.

Illustre inconnu

Les médias anglophones l'avaient surnommé « le concombre de Chicoutimi » en invoquant son calme olympien même lorsqu'il était bombardé de lancers. Aux yeux de ses compatriotes francophones, il était tout simplement « l'Habitant silencieux ». Sa légende n'a cependant pas suffisamment inspiré d'admiration à l'organisation du Canadien pour mériter que son chandail soit retiré et exhibé en permanence au Centre Bell, près de ceux qu'ont portés Howie Morenz, Jean Béliveau et Maurice Richard.

C'est en 1910 que le monde du hockey découvre les qualités exceptionnelles de celui qui deviendra le plus célèbre gardien de la LNH quand le Tricolore s'incline devant l'équipe de Chicoutimi lors d'une rencontre amicale. Vézina entreprendra sa carrière professionnelle l'automne suivant. Il s'éteindra, dans sa ville natale, 15 ans plus tard, victime de la tuberculose.

« Avare de mouvements inutiles, écrivait un chroniqueur sportif de son époque, il était cependant vif comme l'éclair et quand la situation l'exigeait, il pouvait se mouvoir avec l'agilité d'un chat ou d'une panthère ». Le hockey professionnel n'avait pas l'opulence financière d'aujourd'hui, puisque malgré tous ses exploits, il avait conservé son usine de portes et fenêtres qui comptait une vingtaine d'employés.




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