Barrette veut notre bien...

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Le ministre Gaétan Barrette

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / D'un ton péremptoire, César Barrette a confirmé, dans notre édition de samedi, sa décision de transférer des chirurgies de l'oesophage dans un hôpital de Québec.

Il a repoussé du revers de la main la courageuse intervention de ses confrères qui oeuvrent chez nous. Notamment la démonstration scientifique effectuée par le Dr Fabien Simard, président du Conseil régional des médecins, dentistes et pharmaciens, contredisant les prétentions du ministre. Des études récentes révèlent, a enchaîné le Dr Pierre Michaud, chirurgien thoracique, que dans les institutions où on traite annuellement une vingtaine de victimes du cancer de l'oesophage, l'équipe médicale comprend au moins quatre chirurgiens. Chacun accomplit donc un nombre d'interventions tout à fait comparable à leurs confrères de Chicoutimi.

Un échec

Si le Dr Barrette a réagi si impérativement au raisonnement du Conseil régional des spécialistes de la santé, c'est probablement parce que sa décision coïncide avec la publication, dans La Presse +, d'un accablant rapport signé par trois spécialistes montréalais, indépendants de l'État. Ils lui reprochent « son manque de transparence et d'information vérifiée ». Et ils ajoutent cette constatation générale : le ministre « n'écoute pas la science. » Les spécialistes dénoncent surtout les choix budgétaires. L'argent soutiré au social et au communautaire a servi, se scandalisent-ils, au financement « du super médical et du super hospitalier ».

En interdisant la poursuite d'un service que le réseau régional de la santé accomplit dans les règles de l'art, le ministre Barrette pose un geste politique et non médical à l'avantage des institutions de Québec qui ont toujours perçu le Pays des Bleuets comme leur zone d'influence. Et lorsque des visionnaires voulaient élever la qualité des services publics au niveau d'excellence des grandes agglomérations, les roitelets élevaient leurs barrages.

L'abandon du CHUL

Québec, par l'entremise du ministre Barrette, nous tend la main. Mais comme l'exprime le cynisme d'un dicton populaire, c'est pour votre bien... et il l'aura si la région demeure silencieuse. Quelques malheureux atteints du cancer de l'oseophase qui seront traités à l'autre extrémité du boulevard Talbot, ce n'est pas catastrophique pour nos super spécialités. Mais c'est par cette brèche que Québec poursuivra, en sourdine, le déménagement de nos services haut de gamme.

Rappelez-vous que la faculté de médecine de Laval, le CHUL, a plongé la région dans le désarroi et l'inquiétude en rompant, sans consultation, en 1977, l'affiliation dont l'hôpital de Chicoutimi jouissait depuis 1952. En venant annoncer la décision aux 140 médecins du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le doyen de l'époque s'était moqué littéralement de la population en assurant que la qualité des soins et les super-spécialités ne seraient pas affectées.

Le gouvernement s'en était lavé les mains en prétextant que même subventionné par l'État, Laval pouvait agir à sa guise. Le supplice de la communauté médicale et des bénéficiaires de ses services se prolongea durant une décennie.

L'Université de Sherbrooke a non seulement corrigé le désistement du CHUL, mais elle a prolongé sa faculté de médecine jusqu'à l'hôpital régional et finalement dans un nouveau pavillon à l'UQAC.

Il appartient maintenant à nos représentants politiques et à tous les autres leaders de reprendre le combat. Sinon, le danger s'accentuera tant et aussi longtemps que le Dr Gaétan Barrette profitera du pouvoir absolu que les libéraux lui ont consenti par législation.




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