Le 45e président

Donald Trump.... (Photo Evan Vucci, archives Associated Press)

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Donald Trump.

Photo Evan Vucci, archives Associated Press

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / C'est avec beaucoup d'appréhension que les Québécois, et davantage ceux du Saguenay-Lac-Saint-Jean, verront Donald Trump s'installer à la Maison-Blanche vendredi prochain. Ils l'imaginent, avec ses gros sabots et son populisme primaire, chercher la moindre faille dans les relations commerciales avec notre pays pour en tirer des avantages politiques.

Il a si habilement exploité la grogne d'une classe moyenne bousculée par la mondialisation qu'il a ravi le pouvoir à la favorite Hilary Clinton aux dernières semaines de la campagne. Le complexe système électoral américain avec ses grands électeurs a joué, en outre, à son avantage puisqu'il l'a emporté même si sa rivale a recueilli plus de voix.

L'aide d'Ottawa

Trump paraît vouloir le beurre et l'argent du beurre. Soit récupérer des emplois que la rigidité des mécanismes d'utilisation de la main-d'oeuvre dans le secteur manufacturier, particulièrement celui de l'automobile, avait condamnés. Et devenir «le plus grand créateur d'emplois que Dieu a créé», selon l'engagement pris auprès des nostalgiques de l'époque où GM, Ford et Chrysler dominaient l'industrie mondiale de l'automobile.

Il sait pourtant que les temps ont changé. Les trois grands producteurs américains sont relégués maintenant bien loin derrière la concurrence asiatique. Au tout début de son règne, en 2009, le gouvernement Obama et Ottawa ont sauvé GM et Chrysler de la faillite en injectant dans leurs organisations, devenues moribondes, pas moins de 80 milliards$, dont 13,7 milliards$ provenant du trésor public canadien.

L'industrie canadienne de l'automobile n'a plus à s'inquiéter. Elle est tellement bien intégrée dans un ensemble aménagé par des négociateurs dont le premier souci fut de partager équitablement les avantages entre les deux pays. Le dossier du bois d'oeuvre présente une situation bien différente qui devient systématiquement, depuis plusieurs années, la cible préférée du protectionnisme américain. Tout un défi pour la nouvelle ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland!

Le plein emploi

L'économie américaine s'est vigoureusement redressée, au cours des huit années de l'administration Obama. Si bien que les États-Unis vivent maintenant l'équivalent du plein emploi avec un taux chômage de 4,7%. Mais les spécialistes s'inquiètent de la dette astronomique des États-Unis que les promesses de Trump menacent de faire exploser si le nouveau locataire de la Maison-Blanche obtient, comme la majorité des présidents élus depuis George Washington, un deuxième mandat.

Depuis sa victoire, Donald Trump n'a pas desserré les dents. Il continue d'intimider les journalistes et de répondre avec fureur, en utilisant Internet, à tous ses adversaires politiques. Le plus étonnant, c'est qu'il deviendra officiellement cette semaine le politicien le plus puissant de la planète après avoir multiplié les mensonges et les demi-vérités durant l'interminable campagne électorale. Comme si tous les coups, surtout ceux en bas de la ceinture, étaient permis en politique.

Modifiera-t-il son attitude en prenant les commandes de son pays dans un cadre familial? Sa fille aînée, Ivanka, deviendra la première dame de son royaume et son gendre, Jared Kushner, un diplômé de Harvard, son conseiller principal.

Mais les fondateurs ont eu la sagesse de limiter à deux mandats la présence de chaque président à la Maison-Banche et d'assurer, à l'avantage du peuple souverain, l'équilibre des pouvoirs en confiant des missions majeures aux grandes institutions que sont le président, le Congrès et la Cour suprême.

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