L'avenir des régions

Alexandre Cloutier... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Alexandre Cloutier

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / L'année 2016 demeurera historique dans l'évolution du Québec. L'autorité politique, dominée par l'esprit urbain, aura profité de la désorganisation passagère de l'opposition parlementaire pour élever juridiquement Québec et Montréal à un palier supérieur aux autres villes, dont les huit de 100 000 habitants et plus comme Saguenay (145 850).

Montréal a obtenu le statut particulier qu'il réclamait le 8 décembre dernier. Le gouvernement avait accordé le même privilège à l'administration municipale de Régis Labeaume le 8 juin. Le projet de loi autorisera essentiellement une augmentation de l'autonomie et des pouvoirs aux deux villes les plus populeuses du pays de Gilles Vigneault.

Alexandre Cloutier

Après l'année faste que Montréal a vécue avec la rénovation du réseau routier et la construction de trois imposants hôpitaux universitaires, les régions périphériques croyaient leur tour venu de passer à la table. Mais le maire Denis Coderre surgira bientôt avec son programme des festivités du 375e anniversaire de Montréal. Son collègue de Québec prend bien soin également de mettre sa liste d'épicerie à jour en y indexant toutes les justifications imaginables.

Les priorités de la majorité urbaine demeurent incontournables. Alexandre Cloutier l'a cruellement réalisé quand l'appui des militants a bifurqué vers Jean-François Lisée aux dernières semaines de la course à la succession de Pierre Karl Péladeau. Le député de Lac-Saint-Jean menait pourtant allègrement depuis le début de la campagne de séduction. Il a suffi de quelques déclarations déstabilisantes du nouveau chef et de déplacements d'appuis précieux pour que tout bascule. 

La solution Trottier

Les militants avaient pourtant bien accueilli son projet d'un Québec souverain défini dans huit grands chapitres, dont ils auraient adopté les lignes directrices au cours de la présente année. Après avoir fait la navette entre son domicile jeannois et toutes les régions du Québec pendant des mois pour dialoguer avec le peuple, comprendre ses aspirations, diffuser son message et affronter les autres aspirants dans des débats souvent très acrimonieux, le verdict populaire parut sans doute très cruel. 

Alexandre Cloutier l'a accepté avec humilité en manifestant sa loyauté au vainqueur. Mais s'il a enrichi sa personnalité et a conservé le sourire, une tristesse assombrit son regard comme les journalistes l'ont constaté à la dernière présence du trio péquiste au Cercle de presse. Par contre, Sylvain Gaudreault est sorti grandi des responsabilités qu'il a assumées durant son séjour bien délimité à la direction du parti. Les chroniqueurs politiques des médias nationaux vantent sa faculté à dénoncer les failles du gouvernement et à « maintenir une relative cohésion au sein de l'équipe péquiste », comme l'observe Michel David. Par contre, il a provoqué l'ire de journalistes de Québec en rejetant courageusement la justification d'un troisième lien entre Québec et Lévis, soit un tunnel dont la construction est évaluée à quatre milliards de dollars. 

Et les régions, que deviennent-elles dans le tourbillon d'investissements majeurs que l'État multiplie dans les deux plus grandes villes ? L'ancien député de Roberval Denis Trottier a lancé le mouvement Option/Régions pour chercher collectivement une réponse à une immense inquiétude. « [...]lançons un nouveau défi aux jeunes, recommande-t-il, celui de la prise en main du développement de leur territoire... Individuellement, nous pouvons tout critiquer. Collectivement, nous pouvons tout réaliser. »

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