L'agroalimentaire domine l'économie

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Le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / Les agriculteurs québécois sont en colère et c'est le ministre Pierre Paradis qui leur sert de bouc émissaire. Ils l'attendaient de pied ferme au congrès annuel de l'UPA, la semaine dernière, à Québec. Son discours étayé d'initiatives stabilisatrices  n'a pas dégelé l'atmosphère.  

Échaudés par de l'importation de lait américain diafiltré, une dérogation de l'entente conclue par les 12 pays du Partenariat transpacifique en février dernier, les producteurs agricoles québécois redoutent que les fromagers artisans du Québec paient le prix fort pour l'ouverture faite aux éleveurs de l'Ouest d'exporter librement outre-Atlantique... si les 28 pays de l'Union européenne ratifient l'accord.

Certes, le libre-échange est une responsabilité fédérale et on reconnaîtra au gouvernement Couillard avec le ministre Paradis en tête d'avoir énergiquement défendu les intérêts de la classe agricole dans cette opération.

L'UPA ébranlée

Ne cherchons pas plus loin, la grogne de l'UPA provient d'une tentative de briser le mandat exclusif qu'elle détient de représenter l'ensemble des quelque 19 000 fermiers du Québec. Le président Benoit Girouard de l'Union paysanne salue le courage de Pierre Paradis de vouloir domestiquer la machine.

Des exploitants de sirop d'érable furent les premiers à manifester leur mécontentement au ministre libéral sur le plancher du congrès. Ils ont été suivis par une majorité de producteurs opposés aux modifications que le ministère a effectuées au programme d'assurance stabilisation des revenus agricoles et au remboursement de taxes foncières.

«Le ministre nous représente mal, en a conclu sans autre précision le président Marcel Groleau... Avec arrogance, il détourne les faits ou il les embellit quand il ne les ramène pas à sa contribution. Le lien de confiance est rompu...»

Dans un effort pour rétablir les faits, le ministre Pierre Paradis a insisté sur la crédibilité dont jouit le ministre des Finances, Carlos Leitao, «le deuxième meilleur économiste au monde, a-t-il répété au moins trois fois. Les chiffres qu'il nous soumet sont toujours conformes à la vérité.»

Affrontement politique

Contrairement à la prétention de l'UPA, déplore le ministre, la hausse moyenne de la réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles ne se situera pas autour de 40% pour plus de 80% des agriculteurs, mais seulement à 1%, soit environ 300 qui devront débourser annuellement 113$ de plus. Même si cette estimation porte le sceau du ministre des Finances, elle a été accueillie par des huées.

Ce que l'UPA ne digère surtout pas, selon Benoit Girouard, de l'Union paysanne, c'est le transfert à Revenu Québec de la gestion du programme de remboursement de la taxe foncière qui aura pour effet de libérer les producteurs agricoles de l'obligation de payer leurs cotisations syndicales pour toucher le chèque du gouvernement. «On va conseiller à nos membres, a-t-il prévenu dans un entretien accordé par La Presse, de contester les cotisations parce que le monopole est amoral».

Le congrès de l'UPA s'est transformé en champ de bataille politique avec les allocutions diamétralement opposées du ministre mal-aimé et du chef péquiste Jean-François Lisée acclamé comme un héros. Les deux opposants se rejoignent sur une constatation étonnante, soit que l'agroalimentaire, avec ses 500 000 emplois, est dorénavant la première industrie du Québec.

Et j'ajouterais, quoi qu'en pensent certains, grâce à l'UPA qui, malgré ses travers, a propulsé la production agricole au sommet de l'activité économique.

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