La valeur des vieilles pierres

Jeannot Harvey... (Archives Le Quotidien)

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Jeannot Harvey

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / La sauvegarde de l'inestimable héritage architectural édifié par la foi et le sens communautaires de nos ancêtres n'est plus le devoir ultime des croyants. Elle appartient plutôt à la responsabilité citoyenne depuis l'abandon de la pratique religieuse par la très grande majorité de la population régionale.

On ne peut non plus conserver des temples perpétuellement désertés. Une solution appliquée avec bonheur dans un nombre croissant de paroisses, c'est l'utilisation communautaire de ces lieux publics après les aménagements appropriés. À La Baie, le comité Saint-Édouard fait pression pour que l'église fermée depuis près d'une décennie entre dans cette catégorie. Son architecture inspirée du gothique anglais et son clocher qui se dresse élégamment sur la droite en font un monument unique parmi la francophonie nord-américaine. Mais l'autorité municipale semble avoir planifié sa démolition. Elle manifeste un mépris suspect à l'endroit des vieilles pierres façonnées par le génie des générations précédentes.

L'église de Laterrière

Depuis 1985, l'aide de Québec à la restauration du patrimoine religieux atteint les 200 millions$. L'église de Laterrière bénéficiera de la dernière enveloppe de 10 millions$. La contribution devrait s'élever à quelque 500 000 $, soit la moitié de l'estimation des travaux. La générosité des gens de cette petite communauté maintenant intégrée à Saguenay ne suffira pas à combler la différence.

Citoyen de Laterrière, Jeannot Harvey, le grand patron de Cegerco, apporte son soutien au groupe qui, sous la direction de Jean-Claude Claveau, mène la grande opération d'un rajeunissement tant attendu du plus noble bâtiment de Laterrière. Il imite ainsi le regretté juge Edmond Savard et l'ancien ministre Marc-André Bédard qui ont offert l'efficacité de leur prestige et de leur dévouement aux administrateurs de la cathédrale.

Les spécialistes du ministère québécois de la Culture sont d'abord séduits par la valeur architecturale de l'église de Laterrière. Son style respecte le modèle adopté par le Régime français, « avec sa maçonnerie de pierre, son plan rectangulaire sans transept, son clocher disposé à l'avant sur le faîte et ses élévations. » On apprend que le baldaquin de style Louis XV s'avère « la pièce maîtresse » tout en mettant en valeur le maître-autel. « Il s'agit en outre, spécifient les auteurs du document, d'un élément rare dans les églises rurales. »

Jeannot Harvey

Ses constructeurs à l'époque du Grand Brûlé méritent cette autre reconnaissance qui enrichit l'intérêt patrimonial, soit l'emplacement choisi sur un terrain boisé au coeur « d'un ensemble remarquable composé du presbytère, reconnu aussi comme un joyau du patrimoine, du cimetière et de son calvaire, du monument du Sacré-Coeur ainsi que de celui érigé à la mémoire du père Honorat ».

Après une telle lecture, l'église de ma communauté, dont j'ai toujours admiré l'architecture, m'apparaîtra encore plus attrayante même avec les rides de son vieillissement que la fabrique s'apprête à effacer.

C'est sans doute des étapes de cette restauration que Jeannot Harvey expliquera au député Serge Simard dans leur rencontre prévue ce matin. La conversation englobera certainement d'autres préoccupations comme le coût du transport aérien Saguenay-Montréal qui se compare souvent à celui d'un vol vers Paris. L'homme d'affaires avait fait une sainte colère, l'été dernier, en constatant que la dernière modification d'horaire pénalisait encore davantage la région en éliminant toute possibilité d'un aller-retour dans la même journée pour participer à un dîner d'affaires.

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