Un grand jour et quelques ombres

Justin Trudeau juste avant de partir pour la... (Photo La Presse Canadienne)

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Justin Trudeau juste avant de partir pour la Belgique.

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / L'Union européenne (UE) triomphe pendant que les grandes industries canadiennes de l'agroalimentaire, de l'aéronautique et de l'automobile se gonflent le torse en pensant à l'immense marché de 500 millions d'habitants maintenant à leur portée.

Seuls les agriculteurs de notre vaste territoire baissent la tête, résignés, après avoir prévenu en vain les gouvernements provinciaux et celui d'Ottawa d'un péril imminent.

Ils n'ont pas eu la possibilité, comme la minuscule Wallonie, de forcer les grands à s'asseoir avec ses dirigeants politiques, autour de la même table, pour apporter les corrections aux craintes que le projet suscite chez les producteurs agricoles.

29 partenaires

L'autorité politique des 28 pays membres de l'UE ainsi que le premier ministre Justin Trudeau ont signé, dimanche matin, à Bruxelles, en présence d'une imposante délégation des chefs d'État qui dominent cet imposant ensemble socio-économique. Certes, chacun des pays membres devra ratifier le document, mais personne en vérité ne redoute le scénario Meech où il a suffi du seul veto opposé par le chef autochtone Elijah Harper, au dernier jour d'une longue opération de réconciliation nationale habilement menée par Brian Mulroney, pour que tout s'effondre comme un château de cartes. En attendant ce consentement officiel des 28 membres de l'UE, ce nouveau libre-échange s'appliquera progressivement.

Tous les analystes des médias nationaux reconnaissent que les agriculteurs sont les grands perdants de ce deuxième volet des nouvelles ententes commerciales impliquant le Canada. Les producteurs laitiers surtout considèrent avoir également été les victimes de concessions à la première, celle du PTP (Partenariat transpacifique) signée le 4 février dernier en Nouvelle-Zélande par 12 pays dont les États-Unis, le Mexique, le Japon, l'Australie et évidemment le Canada. Mais quand on observe la montée du protectionnisme aux États-Unis accentuée durant la présente campagne à l'élection présidentielle par la méfiance des deux candidats à l'endroit des ententes commerciales, l'avenir du PTP semble dangereusement compromis.

Une aide indispensable

Tout n'est pas noir, heureusement, dans les deux traités, pour les fermiers. Si le système québécois de la gestion de l'offre est gravement ébréché, la porte est grande ouverte aux éleveurs de boeufs de l'Ouest, du porc québécois, du sirop d'érable, du bleuet et de la canneberge.

Ottawa, qui multiplie les promesses en alourdissant la dette nationale, a imaginé un programme d'adaptation aux inconvénients des deux traités. Il comblerait ainsi, partiellement du moins, les pertes des producteurs de lait et de fromages fins. La distribution de cette enveloppe de 4,3 milliards$ s'étalerait sur 15 ans, soit une compensation moyenne globale de 165 000$.

Malgré tous les inconvénients, dont la saga des poursuites judiciaires sur l'exportation du bois d'oeuvre toujours remportées par l'industrie canadienne, la disparition des barrières tarifaires est évidemment souhaitable. Surtout pour les petits marchés. Elle a enrichi, quoi qu'on en pense, les pays occidentaux au cours des dernières décennies de produits de qualité fort convenable vendus à vils prix par des économies en forte croissante comme celles de la Chine et de l'Inde.

Le temps est venu à des réajustements dans le cadre d'échanges commerciaux dont une meilleure gérance de l'offre des métaux de base comme l'aluminium et l'acier. Toutes les puissances industrielles de la planète en profiteraient... même les États-Unis.

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