Une terre généreuse

Yvon Simard, ex-président régional l'Union des producteur agricoles... (Photo Le Quotidien, Isabelle Tremblay)

Agrandir

Yvon Simard, ex-président régional l'Union des producteur agricoles (UPA), et Marcel Groleau, président général de l'UPA

Photo Le Quotidien, Isabelle Tremblay

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / Développer suffisamment l'agroalimentaire pour qu'il devienne un levier économique majeur. C'est le souhait exprimé par Fédération régionale de l'UPA à son congrès annuel tenu la semaine dernière.

Le secteur domine d'ailleurs présentement au palmarès de l'emploi avec quelque 15 300 personnes qui gagnent leur pain quotidien à nourrir leurs concitoyens avec une multitude de produits offerts par 1225 entreprises et des revenus annuels d'un demi-milliard de dollars. Mais j'exclus les corollaires à croissance variable comme l'agrotourisme.

La recherche

Avec les atouts de la recherche, l'agroalimentaire se diversifie depuis nombre d'années et s'enrichit de nouvelles denrées alimentaires produites ici et de précieux emplois. Les Serres Toundra qui produiront annuellement 10 millions de kilogrammes de concombres dans un complexe à la fine pointe de la technologie aménagé à Saint-Félicien par l'équipe du promoteur Éric Dubé en sont un exemple éclatant. Un projet estimé à 100 millions de dollars qui deviendra une importante entreprise de 400 employés lorsqu'il sera complété en 2020. Ce sera le prolongement de la recherche entreprise en 1977 à l'UQAC et qui a donné naissance à Serres Sagami dont les tomates sont vendues partout au Québec.

Une autre équipe de l'institution régionale, sous la direction de professeur émérite André Francoeur, a contribué par de multiples interventions, durant la décennie 1980, à une augmentation sensible de la production du fruit emblématique de la région dans une vingtaine de bleuetières. L'exploitation du bleuet et son exportation constituent maintenant la deuxième activité économique de l'agroalimentaire régional avec une production qui, cette année, a franchi la barre des 100 millions de livres.

Les accords commerciaux

Après une pause provoquée par le départ à la retraite des professeurs impliqués, la recherche sur l'agroalimentaire reprend intensément avec une équipe de cinq étudiants en ressources renouvelables qui oeuvrent sous la direction du professeur Maxime Paré, détenteur d'un doctorat en sciences des sols décerné par l'Université de la Saskatchewan. Après quatre ans, il perçoit de fascinantes perspectives de croissance pour l'agroalimentaire régional dans des cultures à valeur ajoutée comme la camerise, l'orge et le canola biologique.

Ce sont sans doute les promesses d'un sol généreux et d'un climat propice à de nouvelles cultures qui incitent l'UPA à interpeller Québec. Ses membres envient d'ailleurs leurs collègues ontariens de bénéficier d'une nouvelle stratégie enrichie de subventions appropriées. Pendant ce temps, Pierre Paradis, notre ministre de l'Agriculture, a tellement divisé la classe agricole que l'UPA réclame depuis avril sa mutation dans un autre ministère. « Il n*a jamais cru à la mise en marché collective comme outil de développement » lui reproche notamment le président Marcel Groleau.

Ottawa provoque autant de suspicion avec ses accords commerciaux qui s'avèrent, dans le détail, toujours désavantageux au secteur agroalimentaire québécois comme ce lait diafiltré américain qui contourne la gestion de l'offre pour envahir le marché canadien et causer des pertes énormes à nos producteurs laitiers. Ou encore la menace que l'Accord Canada-Union européenne bloqué par la Wallonie fait peser sur les fromageries artisanales.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer