Dix jours... encore

Le chef intérimaire du Parti québécois, Sylvain Gaudreault... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Le chef intérimaire du Parti québécois, Sylvain Gaudreault

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / Les gains qu'engrange Sylvain Gaudreault auprès de l'opinion publique par ses questions bien ciblées aux séances de l'Assemblée nationale disparaissent dans les remous de la course à la chefferie de Parti québécois. Les derniers sondages l'indiquent clairement. Le député de Jonquière demeure toujours néanmoins zen, même si on pressent son impatience à proclamer le vainqueur le vendredi 7 octobre prochain.

Indignation

Cette course transformée en bataille fratricide se poursuivra encore durant 12 jours. Alexandre Cloutier domine toujours, mais Jean-François Lisée et Martine Ouellet ont suffisamment brassé la marmite au cours des deux dernières semaines pour rendre l'issue imprévisible. Celle qui fut ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement minoritaire de Pauline Marois après avoir fait carrière à Hydro-Québec surprend la classe politique par sa foi inébranlable dans une présumée volonté souverainiste du peuple québécois. Les sondages prédisent pourtant au parti fondé par René Lévesque le même sort dont l'Union nationale de Maurice Duplessis fut la victime à la Révolution tranquille si ses stratèges persistent à vouloir imposer un troisième référendum dans l'éventualité d'une victoire à la prochaine élection générale de 2018. La ténacité de Martine Ouellet agit comme une baguette magique qui impose le thème de la souveraineté dans tous les débats.

Le doyen

Négligé au départ, Jean-François Lisée menace maintenant de devancer Alexandre Cloutier au fil d'arrivée après avoir provoqué l'indignation en associant Adil Charkaoui à Alexandre Cloutier. Une mauvaise humeur bien compréhensible quand on sait que certains élèves de cet enseignant d'origine marocaine immigré en 1995 ont rejoint l'État islamique, cette organisation terroriste, militaire et politique installée en Irak depuis une décennie.

Doyen des candidats à la chefferie du PQ - il a 58 ans et ses cadets Cloutier et Plamondon, 39 ans - Lisée jouit d'une expérience redoutable après avoir exploré, en qualité de journaliste, le monde politique européen et nord-américain durant les années 1980. Même s'il a publié plusieurs essais, l'électorat le connaît assez mal tout simplement parce qu'il fut d'abord un observateur et un analyste. Et c'est avec discrétion qu'il a fait son nid dans la maison du peuple. En 1994, le premier ministre Jacques Parizeau en fait son conseiller politique. Lucien Bouchard lui offrira le même rôle quand il parviendra au sommet de la pyramide du pouvoir.

Lisée est sorti de l'ombre à l'élection de 2012. La première ministre Pauline Marois lui confia la direction des ministères des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur pendant qu'Alexandre Cloutier devenait ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes et à la Gouvernance souverainiste. Le journaliste originaire de Thetford Mines a imprimé sa pensée dans la mémoire collective quand il a pris sa plume d'écrivain pour lancer trois livres découlant de ses enquêtes politiques. Dans l'oeil de l'aigle ou Washington face au Québec (1990) condense la pensée de 240 personnages politiques américains sur un éventuel Québec souverain. Le tricheur et Le naufrageur, deux briques totalisant près de 1500 pages, jettent un regard très critique sur les dernières années de l'ère Bourassa.

Je garde encore la saveur amère de ce déboulonnage cruel du constructeur de l'immense complexe hydroélectrique de la Baie James que la presse multicolore de la métropole avait pourtant qualifié de remarquable enquête politico-policière.

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