Économie et politique

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / Pendant qu'une imposante délégation de députés et maires du Royaume partageaient, avec plus de 200 autres participants et observateurs, leurs angoisses économiques, vendredi dernier à l'UQAC, Alexandre Cloutier livrait, à La Presse, sa promesse la plus spectaculaire. Soit l'engagement de lancer, dès le début d'un premier mandat, un autre projet gigantesque qui fera savourer les maires Labeaume et Coderre, soit la construction d'un train rapide entre Québec et Montréal.

Une bagatelle estimée à près de 2,5 milliards$ qui s'ajoutera aux trois hôpitaux universitaires, au nouveau pont Champlain (fédéral), à l'échangeur Turcot, aux trains de banlieue et aux autres travaux d'infrastructure dont les Montréalais subissent les inconvénients avec une tolérance dangereusement ébréchée comme la télévision nous le démontre, chaque soir, à ses bulletins d'information bourrés de faits divers.

En voulant ainsi stimuler l'intérêt du plus grand nombre, Alexandre Cloutier espère sans doute ralentir la remontée de Martine Ouellet, la favorite des souverainistes purs et durs, qui détient 18% des intentions de vote après un gain de 11% au cours du dernier trimestre. Le député de Lac-Saint-Jean domine toujours avec une confortable avance de 16 points sur Jean-François Lisée, l'érudit de la politique québécoise qui fut l'influent conseiller des premiers ministres Jacques Parizeau et Lucien Bouchard. Mais la route vers le pouvoir demeure longue et remplie d'écueils pour les péquistes. Selon un sondage Léger-Le Devoir publié samedi, Philippe Couillard et les libéraux ne sont pas menacés au poste de commandement grâce à l'adhésion massive des non-francophones (77% comparativement à 5% pour le PQ). Pour des raisons différentes, Justin Trudeau est aussi populaire, avec 53%, que la monarchie britannique qui n'assume pas les responsabilités de l'arbitrage souvent déchirant que la démocratie impose à nos sociétés. Le peuple souverain jugera le jeune PM à sa puissance de conviction dans les grands débats comme celui d'Énergie Est.

Quant au Forum Pacte social Aluminium tenu au pavillon principal de notre université, ce fut un exercice courageux, sans doute très instructif, qui devrait contribuer à dissiper les perceptions négatives dans les relations entre Rio Tinto et la communauté régionale. Il est un prolongement, comme le souhaitait son organisateur, le professeur Marc-Urbain Proulx, en 2007, lorsqu'il a lancé Vision 2025, une réflexion collective visant à élaborer, disait-il à l'époque, des «actions innovatrices pouvant soutenir la trop lente émergence d'un nouveau cycle de développement régional».

La grande oubliée

La faille de cet exercice demeure cependant l'absence d'Alain Gagnon, le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida. On comprend le devoir de réserve que se sont imposé Rio Tinto et l'autorité municipale de Saguenay. Ils ont sans doute voulu prévenir les interprétations mortelles dans un contexte où les astres sont encore mal alignés. Mais Alain Gagnon est devenu le personnage phare dans l'industrie québécoise de l'aluminium, car toutes ses déclarations publiques sont inspirées évidemment par le mandat confié par ses compagnons de travail, mais aussi par les intérêts supérieurs de la région à travers des réalités incontournables qu'il s'applique à modifier.

Comment, par exemple, dénonce-t-il sur toutes les tribunes, la conscience environnementale de la Chine et des États-Unis, les deux plus grands pollueurs de la planète, peut-elle concilier leur ratification, samedi dernier, de l'accord mondial sur le climat conclu en décembre dernier à Paris avec 52% de la production mondiale d'aluminium réalisée avec 70% d'électricité «sale» tirée du charbon?

Et pendant ce temps, la grande industrie, comme nos gouvernements, réduit les budgets de recherche-développement (R-D), un élément pourtant indispensable au maintien de nos avantages technologiques. Il ne restera plus, si l'autorité n'intervient pas énergiquement, qu'à jeter le bébé avec l'eau du bain.

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