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Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau... (Photo Adrian Wyld, La Presse Canadienne)

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Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le député Justin Trudeau avait fait contact une première fois avec la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean en acceptant, en avril 2015, de prononcer une conférence à la Chambre de commerce de Saguenay. Il reviendra, cette semaine, en qualité de chef de l'État canadien, avec son impressionnante équipe de 180 députés et ministres accompagnés de leur personnel politique.

Une belle visibilité pour le pays des Bleuets et une occasion exceptionnelle de faire connaissance avec des citoyens d'une région périphérique qui se sent souvent oubliée autant par le fédéral que par le gouvernement du Québec. Sauf toutefois lorsque des députés actifs comme Denis Lebel et André Harvey persistent à défendre vigoureusement les intérêts de leur communauté plutôt que de se transformer en porte-parole serviles du régime dès leur confrontation avec le pouvoir.

Denis Lemieux a entrepris sa nouvelle carrière avec la même détermination positive qu'à l'époque où il était gestionnaire de PME. Et la tenue du caucus libéral jeudi et vendredi prochain dans sa circonscription est un coup de maître. Souhaitons-nous la même compréhension notamment pour les négociations sur le bois d'oeuvre et la réalisation des projets d'expansion de Bagotville, d'installation d'un funiculaire au cap Trinité et de participation au financement d'une rénovation urgente d'infrastructures dangereusement fatiguées.

La grimace de l'été

L'été nous quittera sur la cruelle grimace super médiatisée faite par Mike Ward au jeune handicapé Jérémy Gabriel. Triste manifestation de méchanceté de la part d'un humoriste qui se cache derrière le paravent de la liberté d'opinion pour cracher les insanités les plus blessantes sous prétexte que sa victime est devenue un personnage public.

S'il a joué la colère en apprenant la condamnation de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, c'est parce qu'il anticipait récupérer bien au-delà de l'amende et des frais judiciaires qu'il doit assumer pour avoir attaqué brutalement la dignité de sa victime. Au total quelque 150 000$. «Ce qui est étrange avec le procès, se réjouit-il, c'est que ça m'a donné une saveur qui est intéressante, ça donne une raison aux journalistes anglais de parler de moi.»

La polémique d'inspiration mercantile qui se poursuit autour de cet acharnement à contester, au nom de la liberté d'expression, la présence d'un infirme dans l'espace médiatique, donne à Ward une visibilité inespérée. Il défendra jusqu'en Cour suprême son droit de répéter sur toutes les tribunes du monde sa «blague» connue maintenant partout sur la planète. Et avec sa subtilité bien caractéristique, il indique que son «but est d'étirer cela jusqu'à ce que le garçon finisse par mourir».

Aux âmes sensibles, la communauté tissée très serrée des humoristes, dont Gilbert Rozon, le président fondateur du Festival Juste pour rire, dénonce avec des trémolos dans la voix ce qu'elle perçoit comme un dangereux précédent.

Ce n'est heureusement pas l'unanimité chez les humoristes. Peter MacLeod, qui ne fait pourtant pas dans la dentelle, adresse un message différent à son collègue Ward: «Rire de Jérémy Gabriel est triste et pathétique. Tout ne peut être dit sous le couvert de l'humour, c'est la loi du bon sens.»

Avec son cynisme, le coupable se réjouira de cette publicité gratuite tout en empochant les sommes considérables que les Écossais lui versent durant sa présente tournée en Grande-Bretagne pour l'entendre dénigrer un handicapé qui, fort heureusement, s'exprime avec élégance et intelligence.

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