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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / Toutes nos frustrations collectives imputables aux revers de l'histoire se transforment en fierté remplie de réjouissances quand Québécois vit les Fêtes de la Nouvelle-France. Je suis revenu de cette expérience l'âme chamboulée et le coeur encore plus sensible aux séductions de la Capitale-Nationale.

Je compte bien y participer costumé, l'an prochain, comme le fit mon gendre et ami d'origine française qui personnifia, aux deux derniers jours du festival, un vaillant corsaire de Louis XIV. Je revivrai ainsi les belles années du Carnaval-Souvenir de Chicoutimi, une idée géniale proclamée à deux reprises meilleure attraction touristique canadienne.

Carnaval-Souvenir

Pour mieux composer avec les rigueurs de février, la population, ou plus précisément les plus attachés à leurs racines, retournaient à l'époque de leurs ancêtres. La fête se déroulait dans quelques lieux de rassemblement. Au chantier du père Alex notamment, les nostalgiques pouvaient savourer la bouffe d'autrefois.

Les activités étaient aussi nombreuses que diversifiées: opérette, procès à l'ancienne, théâtre des Grands Revenants, danses traditionnelles, courses en traîneau à chiens, à cheval ou chaussés de pichous. Des messes en latin comme avant Vatican II et la criée, après la messe du dimanche, sur le portique de la cathédrale, animée par le député libéral de l'époque, Paul Langlois. Avec sa voix de ténor, sa stature imposante et son sens de l'humour, il fut le maître de cette vente aux enchères.

Le Carnaval-Souvenir fit aussi découvrir l'originalité du souper progressif durant lequel les convives se déplaçaient, comme au début de la colonie, dans des maisons différentes pour l'apéro, l'entrée, le mets principal, le dessert et le digestif. Toute une aventure!

Cette pause hivernale a inspiré le regretté Ghislain Bouchard dans sa conception de La Fabuleuse histoire d'un Royaume qui attirera, d'ici la fin d'août, probablement dans le silence de la presse nationale, son 1 167 000e spectateur.

La bataille fatale

La vingtième célébration des Fêtes de la Nouvelle-France fut concentrée exceptionnellement sur le terrain à étages du parc de l'Artillerie plutôt qu'à la Place-Royale, dans la Haute-Ville, à cause des travaux d'infrastructure et autres qui se poursuivent intensément, tout comme à Montréal, depuis le statut officieux de cités-États arraché par les deux ambitieux barons du Québec contemporain.

Cette année, Québec a versé aux Fêtes de la Nouvelle-France une aide spéciale de 345 000$. Un investissement judicieux. Notre groupe a poussé des exclamations d'admiration durant sa présence sur ces lieux historiques. Plusieurs citoyens de Québec, dont d'anciens Saguenéens, ont courageusement, en cette période chaude et humide, porté l'habillement des anciens pour jouer leur rôle avec la même conviction que manifestaient les fervents du Carnaval-Souvenir.

J'ai adoré la délicieuse interprétation des chansons de folklore par le Choeur des Filles du Roy, les démonstrations offertes aux ateliers d'escrime, par le tailleur de pierre ainsi que de l'école du soldat.

Ces Fêtes sont une grande réussite que le projet de reconstitution, en 2009, de la bataille des Plaines d'Abraham disputée le 13 septembre 1759 a failli bousiller. On ne célèbre pas la victoire d'un ennemi, avaient plaidé, non sans raison, les patriotes les plus sensibles. On a eu plutôt l'idée lumineuse d'inviter deux amis, descendants de Wolfe et de Montcalm, pour sceller symboliquement la réconciliation des deux anciens empires coloniaux qui se sont disputé, au prix de plusieurs carnages, des territoires outremer bourrés de richesses naturelles.

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