Autour du barbecue...

Pierre Karl Péladeau... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Pierre Karl Péladeau

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / «Les péquistes seraient encore au pouvoir s'ils n'avaient pas mis le cap sur un éventuel référendum en accueillant Pierre Karl Péladeau, le poing brandi en l'air, en avril 2014,» lance un souverainiste déçu à un ralliement familial. Nous sommes rassemblés, une vingtaine de parents et amis, sur la terrasse, par un temps idéal, à Saint-Jean-sur-Richelieu en Montérégie, une région tout aussi nationaliste que la nôtre.

Il n'est pas le premier à spéculer ainsi sur les causes du changement d'humeur des votants à la dernière campagne électorale. La victoire d'un gouvernement péquiste majoritaire leur paraissait acquise jusqu'à ce déraillement. Madame Marois était sensible aux préoccupations des régions et son équipe inspirait confiance. Mais elle a tout perdu en ignorant l'hypothèque référendaire.

Jean-François Lisée

La campagne à la chefferie n'intéresse guère l'ensemble de l'électorat jusqu'à maintenant. Le départ en catastrophe de PKP et l'abandon de Bernard Drainville ont déstabilisé les militants qui retrouvent progressivement, dans la sérénité de l'été, leur militantisme traditionnel. Quand un participant commence à analyser la personnalité des candidats, tous se montrent davantage impressionnés par Véronique Hivon. La députée de Joliette a fait une entrée éblouissante dans le conseil des ministres formé par Pauline Marois en faisant l'unanimité dans sa présentation du délicat projet de loi sur l'aide médicale à mourir pour les personnes atteintes d'une maladie incurable et maintenues en vie par le fil de la douleur. C'est finalement le gouvernement libéral qui a légalisé le droit, pour ces gens, de choisir le moment d'abréger leurs souffrances.

Tous reconnaissent, cependant, que Jean-François Lisée est le spécialiste de l'appareil gouvernemental. Conseiller des premiers ministres Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, son discours est bien adapté à la réalité politique actuelle. C'est le candidat aux meilleures idées, mais sa physionomie d'intellectuel isolé du peuple en fait un perdant. Il demeure évidemment très précieux pour le parti.

Alexandre Cloutier

Alexandre Cloutier, le favori, demeure une énigme. C'est le génie de la classe, le diplômé des grandes écoles dont le charisme et l'expérience projettent une image dynamique du Québec. Des interrogations surgissent cependant sur sa capacité à dominer les débats, surtout contre l'habile verbomoteur qu'est devenu Philippe Couillard. Ses admirateurs perçoivent chez le député de Lac-Saint-Jean un leader nouveau style qui gagne continuellement des points avec son programme économique axé sur le soutien aux PME et sa détermination de «redonner le pouvoir aux régions».

Un libéral déçu, parmi le groupe, ne s'explique pas que le gouvernement Couillard conserve la cote d'un sondage à l'autre en dépit des scandales et de la rébellion des mandarins contre l'autorité politique. Une sous-ministre aux Transports a tout simplement envoyé paître son grand patron, Robert Poëti, qui voulait mettre un terme aux irrégularités persistantes dénoncées la Commission Charbonneau. Le ministre a perdu finalement son poste et sa limousine.

On discutait fort autour du barbecue quand le Français naturalisé Québécois depuis une quarantaine d'années surprend tout le monde en applaudissant au mouvement courageux des Britanniques de quitter l'Union européenne. «La France devrait-elle aussi récupérer toute sa souveraineté, espère-t-il, pour redevenir la grande nation de mes ancêtres.» Et quand il ajoute que Marine Le Pen représente cet espoir, chacun comprend, et encore davantage le lendemain de ce ralliement joyeux, jour du carnage de Nice, que le terrorisme atteint son but.

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