Napoléon et le Brexit

Le Musée canadien de l'histoire, à Gatineau, présente,... (Photo tirée du site Internet du Musée canadien de l'histoire)

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Le Musée canadien de l'histoire, à Gatineau, présente, jusqu'en janvier 2017, l'exposition Napoléon et Paris.

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / Napoléon est de retour. Ou plutôt sa légende, évidemment. Le Musée canadien de l'histoire, à Gatineau, présente, jusqu'en janvier 2017, Napoléon et Paris, une démonstration des initiatives prises par le maître du monde à l'époque pour faire de Paris la ville aux mille attraits et la capitale de l'Europe.

Le souvenir de Napoléon fascine toujours le Québec. En 2010, le Théâtre Jean-Duceppe avait fait revivre, dans Une partie avec l'Empereur, le personnage, prisonnier sur l'île Sainte-Hélène, criant sa rancoeur à ses compagnons d'infortune. J'avais surtout apprécié l'interprétation géniale, dans le rôle-titre, du comédien Benoît Brière. En 2014, deux collectionneurs français avaient exposé, à la basilique Notre-Dame de Montréal, 350 objets ayant appartenu au plus célèbre stratège militaire des temps modernes.

La particularité, cette année, à Gatineau, c'est que le conservateur du Musée canadien, l'historien Jean-François Lozier, revêt l'uniforme du guide pour expliquer ses préférences parmi les 325 pièces, dont plusieurs oeuvres d'art prêtées par deux collectionneurs français dans le cadre de cet événement. La visite de 45 minutes devient donc ainsi davantage pédagogique que touristique.

Waterloo

La France s'est montrée discrète, en 2015, année du 200e anniversaire de la chute de Napoléon, à Waterloo. Mais dans cette banlieue de Bruxelles où s'est déroulé l'affrontement définitif, la célébration fut plus bruyante. Les touristes affluèrent en masse pour visionner la simulation miniature des combats à l'exemple de ceux qui viennent à Québec pour observer l'immense maquette aménagée dans un immeuble face au Château Frontenac, qui rappelle la défaite des Plaines d'Abraham.

Depuis que le Royaume-Uni a décrété, par référendum, son détachement de l'Union européenne (UE), le Brexit, l'objectif de Napoléon d'une Europe soumise à une autorité politique unique s'insère dans l'esprit de tous ceux qui connaissent bien, par leurs lectures et le visionnement de productions cinématographiques, cette décennie 1804-1815 dominée par un Corse d'origine, autoproclamé Empereur des Français.

L'erreur fatale

Comment décoder cette force de la nature? « Il était extrêmement intelligent, avait l'esprit vif, écrit l'écrivain anglo-américain Bernard Cornwell, dans Waterloo, une oeuvre magistrale publiée l'an dernier... Contrairement à Mao, Hitler ou Staline, Napoléon n'était pas un tyran meurtrier... mais il ne pouvait plus se passer de la guerre, car elle liait l'excitation avec la prise de risque extrême et avec la joie de la victoire. Il avait l'esprit acéré d'un grand stratège... »

En 1813, Napoléon avait atteint son objectif quand il a repoussé une proposition de paix honorable présentée par l'Autriche. Il a commis alors une double erreur en lançant, au début de l'automne, une grande offensive contre la Russie. Sa Grande Armée s'est effondrée devant l'hiver extrême qui envahissait les vastes territoires nordiques.

« La vie de ses soldats importait peu, observe l'auteur de Waterloo, mais ses hommes l'adoraient, car il savait leur parler, plaisanter avec eux et les stimuler. Si ses soldats avaient de l'adoration pour lui, en revanche, ses généraux le craignaient. »

La Grande Armée bien secondée par la Garde impériale a remporté 57 des 60 batailles menées par l'Empereur. Mais si elle avait échappé à l'étau prussien-britannique-néerlandais façonné à Waterloo, l'ennemi serait rapidement revenu avec encore plus de détermination. La diplomatie a finalement eu gain de cause avec sa solution pacifique de l'UE. Il a fallu deux guerres mondiales et des millions de victimes pour que la paix finisse par s'imposer.

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