La main tendue du maire Coderre

Le maire de Montréal, Denis Coderre.... (Archives La Presse)

Agrandir

Le maire de Montréal, Denis Coderre.

Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / Un message de New York a eu l'effet d'un immense soulagement à l'Assemblée nationale, la semaine dernière. Chez les libéraux surtout qui subissaient le supplice de la goutte d'eau après la kyrielle de bafouillages au ministère des Transports que dirige Jacques Daoust. La bonne nouvelle provenait de Standard & Poor's. L'agence de notation annonçait la bonification de la cote de crédit du Québec de stable à positive.

En clair, une éventuelle réduction du taux d'intérêt fixé au remboursement de la dette publique. 

C'était évidemment la récompense attribuée à l'équilibre budgétaire. L'assainissement des finances de l'État avait commencé sous Pauline Marois. Son ministre des Finances, Nicolas Marceau, fut bien scandalisé en mai 2013 d'entendre son célèbre prédécesseur, Jacques Parizeau, qualifier « d'inutiles et même tragiques les coupes pratiquées pour atteindre le déficit zéro ». Il s'était empressé de corriger cette perception. « La dette est trop élevée », avait-il rétorqué.  Les 10 milliards $ qu'elle coûtait annuellement au Québec en faisaient le troisième poste budgétaire.

Déconnexion tragique

Après deux ans d'austérité, le gouvernement a finalement atteint l'objectif. L'opération a toutefois servi de prétexte à une grande vague de centralisation et d'une « déconnexion entre l'économie de la métropole et celle des régions périphériques (ou ressources) », selon l'expression utilisée par une dizaine de professeurs enseignant dans les constituantes régionales de l'Université du Québec et qui participent aux travaux du Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT). 

Le mouvement a commencé avec la publication du rapport Higgins-Martin-Renaud en 1970. Le gouvernement de Pierre-Elliott Trudeau s'est empressé d'appliquer ses recommandations en concentrant les investissements publics dans la métropole avec la conviction que les retombées auront un effet d'entraînement dans tout le Québec. La prévision se réalisa pour Laval ainsi que pour la grande couronne métropolitaine avant d'atteindre les pays d'en haut du curé Labelle.

Mais pour les régions périphériques, dont la nôtre, ce fut la catastrophe. Près d'un demi-siècle plus tard, Montréal continue, tout comme la ville de Québec d'ailleurs, à dévorer les ressources de l'État pendant que les régions périphériques défendent silencieusement les dernières parcelles de leur butin menacées par l'égoïsme de nos deux grands centres.

Spoliation

Pendant qu'une dizaine de milliards $ provenant de nos taxes et de la Caisse de dépôt - le bas de laine des Québécois - sont injectés dans la reconstruction des infrastructures de la métropole, le prolongement du métro, le train bleu et mille autres projets, nos gens d'affaires doivent se contenter d'une liaison aérienne Saguenay-Montréal à saveur de brousse. Et Québec multiplie les avantages offerts à la puissance industrielle de la métropole comme le remboursement des frais de déplacement de leurs ingénieurs venus concurrencer les nôtres... 

Le dernier coup de Jarnac déplacerait à Montréal les mécanismes que la région développe depuis une vingtaine d'années, en collaboration avec des chercheurs de l'UQAC, la grande industrie et le secteur manufacturier pour stimuler l'innovation et augmenter, dans l'ensemble du Québec, les activités de transformation de l'aluminium. 

Peut-on espérer que notre métropole bien-aimée reconnaisse enfin sa responsabilité de participer à la vitalité économique de tout le Québec et non pas seulement de sa zone limitrophe ? Nous attendons encore les lendemains que promettait la main tendue aux régions périphériques du maire Denis Coderre durant sa tournée de mars 2014.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer