Les lendemains de l'ère PKP

Pierre Karl Péladeau... (La Presse, Martin Chamberland)

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Pierre Karl Péladeau

La Presse, Martin Chamberland

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / Si la visibilité politique du Saguenay-Lac-Saint-Jean n'a jamais été aussi flamboyante avec la présence du premier ministre, du chef intérimaire de l'opposition et de l'aspirant à la direction du Parti québécois, elle est, par contre, dans l'univers économique, recouverte d'un voile très sombre.

Depuis un an, le taux de chômage a bondi de 4,7 points selon Statistique Canada, une perte de 4000 emplois qui se manifeste plus brutalement dans le secteur des services, notamment en soins de santé et en assistance sociale.

Si le nombre de sans-emploi demeure anormalement élevé à Montréal, l'activité économique y atteint par contre un sommet avec des investissements de 27 milliards$ dans les infrastructures. En ajoutant les 4,24 milliards$ réservés au nouveau pont Champlain, l'accumulation des travaux dans un délai relativement court risque même de produire le même chaos que durant la construction du Stade olympique.

Les investissements dans les infrastructures sont relativement modestes dans les régions périphériques. Chez nous, avec l'appui de l'État, Rio Tinto poursuit le combat de la rentabilité contre les nouveaux géants de l'aluminium qui bousculent allègrement l'équilibre entre l'offre et la demande, entretenant ainsi une crise perpétuelle.

Intérêts divergents

L'industrie forestière affronte des difficultés d'une autre nature, mais tout aussi déstabilisantes. Le gouvernement, propriétaire de la forêt boréale commerciale, ne parvient pas à concilier les intérêts des exploitants de la ressource, des autochtones, des écologistes d'ici et de ceux qui se drapent dans la conscience de Greenpeace aux sensibilités planétaires souvent teintées de mercantilisme.

Le réalignement de nos forces économiques se bute non seulement à une concurrence tout à fait légitime, mais aussi à l'appétit gargantuesque des grandes agglomérations. Comment interpréter autrement qu'un assaut au développement des régions périphériques cette entente commerciale conclue en mars dernier entre le Québec et l'Ontario autorisant le remboursement des frais de déplacement aux ingénieurs de Montréal? En contrepartie, les ingénieurs à la solde d'une firme établie en région ne peuvent réclamer qu'une partie de leurs dépenses lorsqu'ils travaillent à Montréal.

Étoiles montantes

D'autres problèmes comme l'importation illégale de lait diafiltré sollicitent l'intervention de nos politiciens. Ceux qui représentent Jonquière et Lac-Saint-Jean à Québec devront prendre les bouchées doubles à la suite de la démission surprise de Pierre Karl Péladeau. Sylvain Gaudreault et Alexandre Cloutier formaient avec Stéphane Bédard le trio politique de l'heure quand Pauline Marois a été élue à la direction du Parti québécois. Il faut remonter à l'élection de 1966 pour retrouver une situation comparable à celle vécue par la région pendant les deux ans du gouvernement Marois. Le premier ministre Daniel Johnson avait alors désigné Jean-Noël Tremblay, de Chicoutimi, ministre des Affaires culturelles, et son collègue de Dubuc, le Dr Roch Boivin, ministre d'État à la Santé.

Dans L'intimité du pouvoir, journal politique 2012-2014, Dominique Lebel, qui a été chef de cabinet adjoint de Pauline Marois, fait ce bref commentaire sur le député de Lac-Saint-Jean: «Cloutier est une forte tête. D'allure prudente, il peut néanmoins faire preuve d'une détermination surprenante sur certaines questions.»

Quant à Sylvain Gaudreault, note-t-il plus loin dans son livre, «il est considéré comme l'une des belles révélations du Conseil des ministres. Avec raison. Il prend son rôle au sérieux sans se prendre trop au sérieux.»

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