Priorité au monde forestier

CHRONIQUE / La volonté politique favorable à l'industrie forestière s'efface... (Archives La Presse)

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / La volonté politique favorable à l'industrie forestière s'efface devant la coalition Greenpeace-écologistes-autochtones. Québec en a fait la démonstration avec la publication de son plan de rétablissement du caribou forestier qui comprend, outre le maintien de 90 % des forêts intactes, l'addition de nouvelles aires protégées dans la vallée de Broadback et dans les montagnes Blanches.

Répondant aux inquiétudes de l'industrie et des milliers de forestiers encore actifs au pays des Bleuets, le ministre des Forêts Laurent Lessard affirme que « le maximum est fait pour sécuriser les approvisionnements ».

Richard Garneau

Mais Richard Garneau, le grand patron de Résolu, a surgi au Cercle de presse, tout de suite après le débat des candidats à l'élection partielle dans Chicoutimi, pour projeter sa vision des conséquences désastreuses d'une gérance économiquement négative de notre importante ressource renouvelable.

Depuis 2002, l'industrie forestière régionale a été amputée de 3700 emplois et elle risque d'en perdre 5000 autres avec les quelque 200 millions$ en salaires qui y sont rattachés si les effets du plan de protection du caribou forestier s'ajoutent à la suspension de la certification FSC. Un tel désastre donnerait raison à des leaders urbains comme Yves-Thomas Dorval, le président du Conseil du patronat, et André Bérard, l'ancien PDG de la Banque Nationale, qui préconisaient, le premier en janvier 2015 et le deuxième en avril 1995, l'exode rural comme solution au chômage.

Chez nous, l'épée de Damoclès est suspendue sur 16 scieries, une papeterie et huit municipalités, dont celle de La Doré qui recevra la visite de Dany Turcotte et sa Petite Séduction, l'été prochain. Pourtant, rappelle Résolu dans un document remis aux journalistes, le premier ministre Philippe Couillard s'est engagé à ne sacrifier aucun emploi « dans la forêt pour les caribous ». Son titulaire des Forêts, de la Faune et des Parcs précisait plus tard que « l'aménagement forestier est une responsabilité du gouvernement. Nous ne nous laisserons pas dicter une ligne de conduite par FSC ».

Denis Trottier

À un moment où les nouveaux emplois sont aussi rares que les victoires du Canadien, l'État et son chef responsable de la région devraient réfléchir sur l'importance d'une industrie si méprisée par certains apôtres de l'environnement et les métropolitains mal informés. Cette activité économique génère 60 000 emplois, dont 4300 dans la grande région de Montréal, et ses exportations se sont chiffrées à plus de neuf milliards$ l'année dernière. Elle s'avère le levier majeur de développement dans 250 municipalités du Québec.

Si nos dirigeants politiques avaient financé vigoureusement, depuis la Révolution tranquille qui a coïncidé aux premières heures de la mondialisation, la recherche et développement dans une exploitation des possibilités économiques de cette grande richesse renouvelable, une multitude de nouveaux produits proviendraient de la forêt boréale et plusieurs localités manqueraient de main-d'oeuvre.

Bombardier, signalait dernièrement l'ancien député de Roberval Denis Trottier, est généreusement alimentée par le trésor public depuis plus d'un demi-siècle même si la multinationale compte quatre fois moins d'employés, au Québec, que l'industrie forestière qui est non seulement abandonnée à ses problèmes, mais doit verser des redevances à l'État, propriétaire de la ressource, en plus d'une prime au protectionnisme américain.

Il est temps, pour Québec, de placer l'industrie forestière au sommet de ses priorités économiques.

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