Un casino ou la démolition

L'église Saint-Édouar, à La Baie... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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L'église Saint-Édouar, à La Baie

Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / Après avoir été dépouillée de ses bancs et d'objets servant au culte, l'église Saint-Édouard sera livrée aux démolisseurs. Cette merveille architecturale dont le style emprunte à l'art anglais du Moyen-Âge aura finalement été la victime de magouilles politiques. Les barons locaux ont sacrifié à leurs querelles l'un des plus beaux monuments du Québec.

Mgr André Rivest peine à comprendre cet acharnement. À la dernière séance du Cercle de presse, il a révélé que la seule offre sérieuse d'achat est reliée à l'établissement d'un casino. Devant sa répugnance à mentionner cette proposition qui survient après la constatation faite par Le Quotidien, en décembre dernier, qu'un locataire de l'ancien presbytère de Saint-Alexis de La Baie produisait des photographies érotiques et des films pornographiques, les journalistes présents n'ont pas poussé plus loin leur curiosité professionnelle.

Les Salons de jeux

On aura compris que Loto-Québec envisage de poursuivre la construction de son réseau de casinos entreprise en 1993 vers le nouveau volet désigné pudiquement Salons de jeux, mais qui regroupe exactement les mêmes machines à sous, appareils de loteries vidéo aux thématiques variées, de même que les tables de Black jack et autres jeux de cartes. L'État a autorisé, en novembre 2006, l'ouverture de ces Salons de jeux, à Québec et à Trois-Rivières. Par la même occasion, il donnait le feu vert à l'addition d'un quatrième casino, celui de Mont-Tremblant, dans les Laurentides, après ceux de Montréal, de Charlevoix et du Lac-Leamy, en Outaouais.

Propriétaire durant la décennie 1980 d'un empire hôtelier comprenant la chaîne Universel et la Saguenéenne de Chicoutimi, le très controversé Raymond Malenfant provoqua une révolution en voulant financer la modernisation du prestigieux Manoir Richelieu avec les bénéfices d'un casino. Après un douloureux et long affrontement entre l'homme d'affaires et la CSN, l'État nationalisa l'industrie des casinos pour détourner vers le trésor public les immenses profits que la pègre en retirait.

Loto-Québec occupa d'abord le riche territoire de la métropole en installant un premier casino dans le Pavillon que la France avait érigé à l'Expo de 1967. Et elle s'empressa, dans un deuxième temps, de réaliser le rêve de Malenfant, mais à l'avantage des contribuables. Pour assurer au Casino de Charlevoix une clientèle suffisante, la Capitale-Nationale ne fit pas campagne pour obtenir sa maison des jeux de hasard. Elle continua cependant de bénéficier d'investissements importants dans son réseau routier et dans la réalisation de multiples projets exceptionnels comme la construction du Centre Vidéotron.

Charlevoix est inquiète

L'entente tacite prit fin avec l'aménagement d'un Salon de jeux à ExpoCité. L'initiative fit à peine ses frais. Mais son déménagement au centre commercial Fleur de Lys , l'été dernier, fit exploser les revenus pendant que le Casino de Charlevoix subissait une baisse inquiétante de sa clientèle. S'il n'a pas contribué au milliard et demi$ que Loto-Québec remet, chaque année, à la caisse commune, le Casino de Charlevoix apporte son soutien à l'industrie touristique.

Son avenir inquiète parce qu'il ne repose plus que sur la fidélité de régions limitrophes comme la nôtre qui réclameront un jour, comme Québec, leur part du gâteau. À ma dernière visite, le mois dernier, le personnel m'est apparu tout aussi convivial, mais les dernières modifications rebutent plus qu'elles n'attirent. Les nouvelles machines sont moins attrayantes et les joueurs de la Capitale-Nationale ont disparu des tables de poker.

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