L'ami des régions

L'homme d'affaires et ancien ministre Martin Cauchon.... (Archives Le Soleil)

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L'homme d'affaires et ancien ministre Martin Cauchon.

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le mouvement des capitaux dans la guerre des marchés favorise généralement les puissants aux dépens des emplois. C'est cette conséquence qui provoque tant d'inquiétude chez les politiciens et les affiliés depuis l'acquisition de Rona par le géant américain Lowe's. Comme le conquérant paie le prix fort, il a déjà planifié la récupération des primes généreuses versées aux actionnaires de même qu'aux dirigeants évincés. Il appliquera progressivement un rigoureux programme de réorganisation tout en poussant la robotisation à la limite.

Certes, la rationalisation n'est pas l'apanage des prédateurs de l'économie contemporaine. Alcan n'avait pas encore suscité de convoitise quand elle a entrepris la modernisation de son réseau d'alumineries. La moitié des 12 000 emplois du complexe arvidien des années 1950 ont été avalés en deux décennies par les impératifs de la mondialisation. 

L'entrepreneuriat

Il fallait combler ce vide par l'entrepreneuriat ou condamner la région à un chômage excessif et à la fuite des jeunes à la recherche de travail. Les initiatives des agents de développement, de l'UQAC et des cégeps, soutenues financièrement par l'État et les grands exploitants de nos ressources naturelles ont favorisé l'éclosion d'une multitude d'entreprises modestes qui ont multiplié les emplois au rythme de leur évolution.

Conférencier au 18e anniversaire du CEE-UQAC, mercredi soir dernier, à Chicoutimi, Martin Cauchon, le propriétaire du Groupe Capitales Médias, se souvenait d'avoir attribué 285 000$ à l'établissement d'un centre d'entrepreneuriat et d'essaimage. C'était en janvier 1998. Ministre libéral, il assumait alors la responsabilité de Développement économique Canada. Il attribue la spectaculaire réussite de ce modèle d'affaires au fondateur et toujours directeur général Louis Dussault, un visionnaire suffisamment convaincant pour transformer ses rêves en réalisations.

Avec ses midis-conférences et mille autres activités, il a inspiré le goût de l'entrepreneuriat à plus 16 000 étudiants qui ont participé au démarrage de 75 entreprises, dont 38 sont toujours bien vivantes. Le capital initial a fructifié si vigoureusement que le Centre estime à plus de 4 millions$ le montant injecté dans les communautés collégiales et universitaire du Royaume pour stimuler l'entrepreneuriat.

Le CTA

Louis Dussault et son groupe sont aussi parvenus à convaincre les organismes subventionnaires de la nécessité d'offrir à l'industrie naissante de la transformation de l'aluminium deux éléments majeurs de transfert technologie, le Centre de soudage par friction-malaxage installé dans le pavillon de Promotion Saguenay et l'usine d'extrusion exploitée, dans le Parc technologique d'Alma, par Pexal Tecalum.

Quant à l'ancien ministre Martin Cauchon, il s'est proclamé l'ami des régions, à la célébration de mercredi dernier, non seulement en devenant propriétaire du réseau des quotidiens québécois, mais en rappelant avoir, dans sa vie politique, donné le premier coup de main au centre de formation, de transfert technologique et de recherche appliquée qu'anime si vigoureusement le professeur Dussault. 

Il a fait davantage, deux ans plus tard, en venant annoncer, à Chicoutimi, la décision du gouvernement de Jean Chrétien d'établir, sur le campus de l'UQAC, le Centre des technologies de l'aluminium (CTA) après un très vif débat interne. Ce projet de 52 millions$ avait bien failli avorter quand des travailleurs de la construction au chantier de la Péribonka 11 avaient infiltré la conférence de presse pour réclamer bruyamment des améliorations au régime de l'assurance-emploi.

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