Le cinéaste rêve à Maria

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Avec Les pays d'en haut, l'auteur Gilles Desjardins... (Fournie par ICI Radio-Canada Télé)

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Avec Les pays d'en haut, l'auteur Gilles Desjardins et le réalisateur Sylvain Archambault ont fait ce qu'il fallait pour justifier qu'on revisite une oeuvre aussi ancrée dans l'imaginaire: recréer l'atmosphère du temps, brute et sauvage.

Fournie par ICI Radio-Canada Télé

Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / Un curé Labelle qui impose son autorité autant physique que spirituelle, un Alexis dont on découvre l'horrible irresponsabilité derrière le masque séducteur et un Séraphin Poudrier, leader redouté, mais tout à fait semblable à nos plus dynamiques entrepreneurs.

L'interprétation du mémorable roman de Claude-Henri Grignon par Gilles Desjardins est bien différente de celle transmise d'abord à la radio dans les années 1950 et plus tard à la télévision et au cinéma. Mais comment plus captivante, spectaculaire et peut-être davantage conforme aux dures réalités d'une histoire si lointaine!

«Le roi du Nord»

C'est du moins l'impression que me suggère la projection du premier des dix épisodes de la série. Si vous l'avez manquée, surveillez la suite, ce soir à 21 heures, pour vous en convaincre. Les comédiens jouent superbement. Accordons une mention spéciale à Antoine Bertrand qui nous rend encore plus sympathique celui que ses concitoyens avaient surnommé «le roi du Nord».

Ce que nous rappelle cruellement la nouvelle version du populaire roman Un homme et son péché, publié en 1933, c'est l'exode des Canadiens français de l'époque à la recherche d'un gagne-pain. Ces miséreux peinaient sur leur «terre de roches» dans un système dominé par l'étranger. Ceux qui fuyaient vers «les États» - on dénombre 13 500 000 descendants en Nouvelle-Angleterre, soit davantage que la population du Québec - n'ont pas vécu le rêve américain comme ils l'espéraient. Ils furent exploités comme les Latinos le sont, mais au moins ils ont pu gagner le minimum vital. Le prêtre se préoccupait de la santé des âmes, les politiciens et autres gens instruits voyaient au bon fonctionnement de la société, mais on laissait l'économie aux Anglais. Le curé Labelle et Mgr Dominique Racine, le premier évêque de Chicoutimi, firent exception en se transformant en agents de développement.

Tournage en 2017

La révision des grands classiques du terroir canadien ne se limite pas aux Pays d'en haut. On apprenait dernièrement la réalisation d'une nouvelle adaptation d'Anne... la maison aux pignons verts, le roman de Lucy Maud Montgomery, aussi connu au Japon et en Europe que dans l'Île-du-Prince-Édouard où il a pris naissance en 1908.

Mais ce qui attise davantage ma curiosité, c'est l'aveu fait par Sébastien Pilote, le génial réalisateur du Vendeur et du Démantèlement, que sa prochaine oeuvre porterait sur Maria Chapdelaine. Celui qui, à l'instar de Pierre Le Grand Défi Lavoie, persiste à demeurer dans sa région même s'il travaille davantage à Montréal et ailleurs, n'était pas trop heureux de l'indiscrétion commise par un collègue de la métropole. Il aurait préféré attendre le début du tournage, quelque part en 2017 si tout va bien.

Il n'a même pas terminé sa relecture du chef d'oeuvre de Louis Hémon. Mais il y concentre toute son attention avec une intention qu'il médite sans doute depuis longtemps. Connaissant son perfectionnisme, il retournera sûrement sur le parcours que l'auteur, à la recherche de l'âme québécoise, a emprunté depuis Montréal jusqu'à Péribonka après avoir contourné à pied le majestueux lac Saint-Jean.

La grande interrogation qui s'impose dorénavant dans l'esprit des Bleuets, et nous n'aurons la réponse que l'année prochaine, peut s'énoncer ainsi: quelle découverte Sébastien Pilote espère-t-il faire quand on sait que tout a été dit et commenté sur l'aventure Louis Hémon et le succès mondial de sa Maria? Mais faisons confiance à ce surdoué de la caméra qui a séduit les critiques les plus blasés et les spécialistes les plus sévères avec ses deux premiers films.

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