La bible politique de Bill Clinton

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Bill Clinton.... (Archives PC)

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Bill Clinton.

Archives PC

Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / C'est une véritable bible politique que Bill Clinton a conçue en écrivant Ma vie. Cette biographie couvre 1000 pages aux caractères bien tassés. Il faut y consacrer beaucoup de temps, mais ces heures de lecture procurent un plaisir sans cesse renouvelé.

Le partage des pouvoirs entre le président, le Congrès et la Cour suprême renouvelle continuellement, aux États-Unis, l'armure de la démocratie. Si la Maison-Blanche symbolise l'autorité d'un chef unique pour l'ensemble du pays, elle doit négocier ses choix budgétaires avec le Congrès composé de la Chambre des représentants et du Sénat. Lorsque la majorité de ces législateurs n'appartient pas à la même formation politique que le président, comme ce fut le cas durant les deux mandats de Bill Clinton, il se produit des affrontements qui conduisent, parfois, à une très dérangeante paralysie de l'intendance, même si elle ne dure que quelques jours. Privés de leur salaire, des millions de fonctionnaires demeurent à la maison.

Il efface la dette

Clinton a finalement réussi à faire adopter ses principales mesures sociales, à augmenter les investissements dans l'éducation, à réduire la taille de l'administration nationale, à mener l'économie au plein emploi, tout en éliminant la dette publique. Depuis son départ de la Maison-Blanche voilà déjà 14 ans, ses successeurs ont de nouveau replongé les finances publiques dans le rouge, surtout avec les interventions du Pentagone dans plusieurs points chauds du globe. La dette a bondi pour s'approcher des 60 000 milliards$, une somme que nous avons peine à imaginer. Mais heureusement, depuis la dernière crise financière, le secteur manufacturier tourne à plein régime. Le chômage est, comme dans nos capitales Québec et Ottawa, pratiquement inexistant.

Durant ses huit ans à la présidence, Bill Clinton fut un ambassadeur d'une grande efficacité. Il a bien failli réussir le miracle de la réconciliation Israël-Palestine après avoir servi de modérateur, dans une dizaine de négociations, entre les deux gouvernements. Le peuple hébreu avait finalement fait une proposition acceptable qui impliquait évidemment la reconnaissance du nouvel État, mais les dirigeants palestiniens «ne voulaient pas qu'on les voie concéder quoi que ce soit».

Gracié

Au lancement de la biographie, en 2004, une multitude de lecteurs ont cherché le chapitre relatant le scandale Monica Lewinsky, cette employée de la Maison-Blanche avec laquelle Bill Clinton avait eu «des rapports déplacés.» Je n'ai pas brûlé les étapes. Après plusieurs jours, j'ai atteint la 816e page où l'ancien président avoue sa faute. «Ce que j'ai fait est stupide et immoral.» La confession est complète. L'homme est meurtri. Le procureur indépendant Kenneth Starr le traînera en justice dans l'espoir que la Cour Suprême le chasse de la Maison-Blanche, comme ce fut le sort de Richard Nixon, le tricheur du Watergate, le 8 août 1974.

Clinton fut finalement gracié. Il retrouva la quiétude et le bonheur quand son épouse Hilary, qui pourrait devenir la première femme élue à la présidente des États-Unis, lui a pardonné son infidélité.

Cette biographie ressemble à un journal écrit sans complaisance, de l'adolescence jusqu'au retour à la vie du simple citoyen, après avoir dominé le monde pendant une décennie. La mémoire de Clinton tiendrait du divin s'il ne nous avouait pas avoir confié, durant deux ans, le défrichement d'une montagne de documents à un brillant jeune collaborateur. L'édition française a nécessité la contribution de neuf traducteurs.

Tous ceux qui s'intéressent à la politique devraient lire Ma vie.

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