Le prix de la paix sociale

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Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.... (Jacques Boissinot, Archives PC)

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Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.

Jacques Boissinot, Archives PC

Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le gouvernement Couillard a joué son Star Wars pour offrir la paix sociale aux Québécois comme cadeau de Noël. Il semble avoir été impressionné par le Réveil de la Force syndicale pour avoir franchi aussi rapidement « les années-lumière » qui séparaient, une semaine plus tôt, selon le rigoureux président du Conseil du Trésor Martin Coiteux, les demandes syndicales de la capacité financière de l'État employeur.

D'une maigre augmentation quinquennale de 3 % incluant deux années de gel salarial offertes au départ, l'entende de principe conclue jeudi dernier prévoit une bonification frôlant les 10 % sur cinq ans. Mais ces pourcentages ne donnent qu'un aperçu. Les contrats de travail du secteur public comprennent des clauses complexes et font abstraction des pertes salariales infligées après les journées de grève.

Les générosités de l'État

Le règlement réjouira la majorité des contribuables parce qu'il ajoute notamment de l'argent dans l'éducation, la santé et l'aide aux jeunes familles. Et il aurait été indécent de réduire les services consentis aux plus démunis après les 800 millions $ versés en trop aux médecins spécialistes et l'aide d'un milliard 400 millions $ consentie au projet de la CSeries.

Libéré du harcèlement souvent inhumain que les machines syndicales fort bien huilées font subir à nos élus en voulant rallier l'opinion publique à leur combat, le premier ministre réfléchira durant les vacances des Fêtes, sous les accueillants rayons du soleil floridien, au remaniement de son conseil des ministres.

On imagine facilement que l'économie s'incrustera dans sa pensée. Car il faut produire de la richesse pour défrayer l'un des plus généreux paniers de services d'Amérique et d'ailleurs. L'exploitation des ressources naturelles, notamment l'hydroélectricité, les mines et la forêt, se heurte à de nouvelles contraintes et aux fluctuations de la mondialisation. L'avenir appartient dorénavant à un secteur manufacturier bien axé sur la technologie et l'innovation.

Quant aux régions, elles doivent retrouver leur dynamisme sans attendre que la solution leur tombe du ciel comme à l'époque où le grand capital - souvenons-nous d'Alcan et des papetières disparues - cherchait des territoires propices à des investissements massifs. Il faut surtout qu'elles s'intègrent, comme aux périodes florissantes, à l'appareil gouvernemental. Les directions régionales ont disparu des ministères. Quand tous les mandarins proviennent des grands centres, le gouvernement éprouve plus de difficultés à percevoir les réalités régionales.

Cri du coeur

« Il n'existe plus comme autrefois, déplore le professeur Marc-Urbain Proulx dans le dernier AL13, des équipes formées de gens compétents et dynamiques, dont le travail consiste à bâtir un argumentaire mis à la disposition des leaders régionaux pour défendre leur position devant le pouvoir. Nos politiciens se présentent donc désarmés, à Québec comme à Ottawa, devant des machines administratives bien rodées. Ils reviennent dans leurs régions les mains vides. »

C'est cette lacune que nous signalons à la réflexion du député de Roberval. Bleuet d'adoption qui aime bien vivre ici, comme il l'a répété samedi dernier, à la clôture des fêtes du 150e anniversaire de Saint-Félicien, il rêve d'un Saguenay-Lac-Saint-Jean aussi prospère qu'aux années fastes de la grande industrie. Mais les temps ont changé et ses connaissances de premier ministre peuvent certainement contribuer à apporter les ajustements nécessaires à une économie régionale déstabilisée.

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