Aider plutôt que déporter

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Le ministre du Travail, Sam Hamad... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le ministre du Travail, Sam Hamad

Le Soleil, Yan Doublet

Bertrand Tremblay
Le Quotidien


Les projets de loi 70 et 71 que vient de déposer le ministre Sam Hamad suscitent autant d'inquiétude que d'espoir. Le premier s'adresse aux jeunes chômeurs qui sollicitent, pour la première fois, de l'assistance sociale. Le deuxième décrète la fin éventuelle du conflit qui oppose depuis plus de deux ans et demi, 26 concessionnaires d'automobiles du Saguenay-Lac-Saint-Jean et leurs 450 employés affiliés à la CSD.

L'État crée un précédent en visant à imposer sa solution. Pourquoi n'est-il pas intervenu au Maxi-Provigo de Rouyn-Noranda, où les 40 employés sont en lock-out depuis près de trois ans, se demande l'association patronale? Sous le choc, certains membres perçoivent cette initiative du ministre Hamad comme une opération politique visant à faire basculer la circonscription de Chicoutimi dans le camp libéral à l'élection partielle qui désignera le successeur de Stéphane Bédard.

La loi spéciale accorde cependant aux deux parties 30 jours de grâce pour rétablir l'équilibre ou sauver les apparences.

Quant à sa décision de «briser le cercle vicieux de la pauvreté» en indiquant les emplois disponibles aux 17 000 nouveaux chômeurs aptes au travail de 29 ans et moins qui réclament des prestations de subsistance, elle découle sans doute d'un mouvement courageux.

Le projet de loi 70 sème néanmoins le doute dans les régions périphériques comme la nôtre avec sa menace de réduire cette aide financière si les demandeurs n'acceptent pas des emplois situés jusqu'à 300 kilomètres de leur domicile. C'est une façon d'accentuer l'exode des régions.

«Cette approche punitive est une atteinte à la dignité», dénonce avec raison Françoise David, de Québec solidaire. Ce sont des initiatives à caractère économique ajoutées à de la formation adaptée que les régions réclament. Québec préconise plutôt, sans l'avouer, la «déportation tranquille».

L'orangeraie...

En visionnant les scènes d'horreur que la télévision transmettait en direct de Paris, vendredi soir, je méditais le scénario imaginé dans L'orangeraie par Larry Tremblay, le grand écrivain originaire de Chicoutimi. Ce chef d'oeuvre édité en 2013 raconte, dans une simplicité géniale, comment les seigneurs de guerre programment la perception d'enfants naïfs pour transformer en vertu, dans leur esprit, le meurtre d'innocents. Ces kamikazes fabriqués par la haine ont acquis la certitude de vivre un bonheur éternel dès qu'ils auront entraîné dans la mort le plus grand nombre de victimes en faisant exploser leur ceinture truquée.

Dans L'orangeraie, le chef terroriste laisse à la famille la liberté de choisir celui des frères jumeaux, Aziz et Amed, qui sera proclamé héros du village en sacrifiant sa vie sur l'autel de la vengeance.

Les attentats de Paris nous chagrinent et nous choquent. La capitale française reflète la joie de vivre. Dès ma première visite, dans les années 1960, j'en suis tombé amoureux. Je n'imaginais pas plus belle ville au monde. Après de nombreux voyages en Europe, en Asie et aux États-Unis, Paris demeure mon premier choix.

Seul le charme de la campagne française peut séduire davantage, surtout quand on prend ses vacances sur la Côte d'Azur, plus précisément à Juan-les-Pins, comme nous l'avons fait chaque printemps pendant une décennie, mon épouse et moi avec des membres de la famille. Je rêve de retourner bientôt dans la patrie de mes ancêtres, cette terre d'accueil choyée par la nature, et je maudis ces barbares qui l'attaquent sournoisement et terrorisent ses habitants.

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