Le choc Bédard

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Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau... (Archives La Presse)

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Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau

Archives La Presse

Bertrand Tremblay
Le Quotidien

Pierre Karl Péladeau aurait-il commis la même erreur que Bernard Landry en rétrogradant Stéphane Bédard? Le chef du Parti québécois ne prévoyait certainement pas qu'en transférant à Bernard Drainville les responsabilités de leader parlementaire qu'assumait le député de Chicoutimi, il provoquerait une démission que personne n'avait prévue.

Tous auraient évidemment compris cette réaction au lendemain de la fête du Travail, trois jours après l'annonce faite par communiqué. Mais un mois et demi plus tard, la décision de quitter la vie politique fait la manchette et provoque un immense questionnement. Lors de l'hommage rendu par l'Assemblée nationale, c'est à une accolade de convenance, silencieuse et en regardant ailleurs que se sont prêtés PKP et Stéphane Bédard. Les salutations de François Legault furent les plus chaleureuses.

La famille prime

L'événement a certainement fait ressurgir chez les aînés l'image de deux anciens ministres péquistes, Guy Chevrette et Jacques Brassard, claquant la porte après un remaniement ministériel effectué par Bernard Landry, qui fut premier ministre de 2001 à 2003. Les deux poids lourds rejetaient carrément les propositions de leur chef qui voulait confier à la relève les dossiers majeurs des Transports et des Ressources naturelles. «Il est dangereux pour un parti de tomber dans l'âgisme», avait simplement prévenu Guy Chevrette en s'adressant à la presse. Il a mené depuis tambour battant une deuxième carrière dans le privé, notamment au service de l'industrie forestière.

Stéphane Bédard se montre beaucoup plus réservé. Il oppose à toutes les spéculations son choix de consacrer dorénavant plus de temps à sa famille. Son attachement aux traditions est réel. Mais ce leader riche d'expériences et de réalisations est animé par une trop grande volonté de servir sa communauté pour se confiner à son foyer. C'est l'ancien président américain Bill Clinton qui, dans son autobiographie, établit à 51 ans l'étape où l'homme d'action atteint l'apogée de son épanouissement... Stéphane Bédard aura 48 ans en mars prochain.

En tirant sa révérence, mais en prenant bien soin, contrairement à ses prédécesseurs péquistes Chevrette et Brassard, de protéger ses arrières, il impose sans doute une réflexion en constatant à voix haute que «malgré l'intensité de notre réalité, il arrive trop souvent que nous ayons l'impression de ne pas être au bon endroit».

Alerte rouge

Mais en quittant le navire pour des raisons fort louables, Stéphane Bédard fait sonner l'alarme. Les prédateurs du pouvoir sont à l'affut. L'armure qu'opposait à leurs assauts le poste d'autorité du député de Chicoutimi et sa crédibilité disparaît.

L'hôpital régional a attendu une décennie après l'abandon de l'Université Laval, en 1978, avant que Sherbrooke lui permette d'ajouter un pavillon de médecine à l'UQAC qui apporte enfin la solution au recrutement des spécialistes de la santé en régions. Mais la restructuration du ministre Barrette nous coûte beaucoup d'emplois et des moyens réduits.

Quant aux constituantes régionales de l'Université du Québec, elles sont de nouveau menacées par l'interprétation que l'État attribuera au rapport sur la gouvernance déposé en 2013. L'UQ est devenue davantage un centre de services qu'un siège social. Une autre réforme pour satisfaire les ambitions de l'UQAM coûterait plus cher tout en écorchant l'autonomie chèrement acquise des constituantes établies hors de Montréal et de Québec.

Qui donc protégera dorénavant nos institutions régionales des soins de santé et de l'enseignement supérieur constamment menacées?

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