Préserver la gestion de l'offre

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

Quand nos agriculteurs s'inquiètent, l'économie régionale est en danger. Ils perçoivent avec beaucoup de suspicion les orientations qu'un influent lobby urbain, soudoyé par de voraces multinationales, veut donner aux interminables négociations d'ententes commerciales des pays occidentaux.

L'accord de partenariat transpacifique que les politiciens nous présentent, avec beaucoup de prudence et des réserves mentales, comme un fruit mûr, devrait être signé bientôt ou du moins avant la fin de l'année, au terme de discussions qui ont repris intensément vendredi dernier.

Des producteurs inquiets

Nos producteurs de lait, d'oeufs, de volailles, de dindes, d'oeufs, quatre catégories de l'industrie agroalimentaire québécoise protégées par la gestion de l'offre, appuient sur la sonnette d'alarme depuis le tout début des pourparlers. Comme les discussions s'acheminent vers une conclusion, ils veulent s'assurer que le gouvernement fédéral maintiendra fermement la protection de la gestion de l'offre. Les délégations qui ont rencontré, au cours des dernières semaines, les ministres Denis Lebel et Maxime Bernier sont retournés dans leur région respective avec un immense point d'interrogation.

En leur conseillant de dormir sur leurs deux oreilles avec l'assurance qu'Ottawa préservera cette précieuse gestion de l'offre, ils leur ont servi cette l'expression bien connue que «le passé est garant de l'avenir » en leur rappelant que dans les trente ententes de libre-échange conclues avec 37 pays depuis son retour au pouvoir, le gouvernement conservateur avait fait inclure la clause sur la gestion de l'offre.

Insatisfaits de cette affirmation, les représentants de la classe agricole ont insisté pour le respect « intégral » du régime actuel « avec ses trois piliers qu'est le contrôle de la production, des prix et des importations ». Mais la pression risque de faire sauter la marmite depuis que les États-Unis, par l'entremise de leur ambassadeur au Canada, Bruce A. Heyman, ont insisté auprès d'Ottawa sur l'urgence d'ouvrir aux producteurs des autres pays cette portion du marché canadien encadrée par une mesure protectionniste.

Subventions

Nos producteurs agricoles reprochent aux conservateurs de les avoir placés dans une position vulnérable en acceptant de mettre la gestion de l'offre sur la table alors que les onze autres pays, notamment les États-Unis et le Japon, subventionnent simplement leur agriculture, mais en se gardant bien, comme s'il s'agissait d'un secret d'État, de dévoiler leur contribution à la production d'un litre de lait ou d'une douzaine d'oeufs avant la mise en marché.

« À l'heure actuelle, plaide le Chicoutimien Michel Potvin, les producteurs de l'ensemble des pays industrialisés, à l'exception de ceux du Canada, ne reçoivent que 55 $ pour un hectolitre de lait dont la production aura coûté quelque 70 $ ». Résultat, ils crèvent tous. « C'est là qu'on veut nous amener. » La situation provoque des manifestations musclées ponctuées de déversement de lait sur la chaussée et de blocage des routes.

Le regretté Jean-Marie Couët, l'ancien directeur régional de la l'UPA, fut l'un des ingénieurs du système québécois de la gestion de l'offre et de ses corollaires. Il serait bien malheureux de voir le Québec retourner à une agriculture esclave des affrontements commerciaux et condamnée à l'arbitraire politique.

L'abandon de la gérance de l'offre fragiliserait dangereusement un pan majeur d'une industrie qui génère près de 17 000 emplois chez nous et 175 000 dans l'ensemble du Québec.

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