Justin, le charmeur

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Justin Trudeau... (Photo d'archives, La Presse)

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Justin Trudeau

Photo d'archives, La Presse

Bertrand Tremblay
Le Quotidien

Justin Trudeau réussira-t-il à réconcilier le pouvoir fédéral à la réalité québécoise après la brisure pratiquée par son père, feu Pierre-Elliott, lors du rapatriement de la constitution canadienne sans le consentement du premier peuple fondateur? Il en manifeste la volonté dans son essai à caractère biographique lancé l'an dernier par Les Éditions de La Presse sous le titre évocateur de Terrain d'entente.

Mais ce ne sera certainement pas en entreprenant de nouvelles négociations inspirées par les échecs de Meech et de Charlottetown. Le jeune chef du Parti libéral canadien est plutôt fermement convaincu que la nouvelle constitution demeure le meilleur compromis. Il veut en convaincre ses compatriotes du Québec.

Les privilégiés

C'est le péril que le pays a évité de justesse par une infime majorité de 27 145 partisans du "Non" au référendum du 30 octobre 1995 qui motive son entrée en politique. Si les souverainistes l'avaient emporté, «le Canada n'existerait probablement plus. Et quel message aurions-nous envoyé au reste du monde? Si même un pays aussi respectueux de la diversité que le nôtre n'avait pas réussi à concilier ses différences, quel espoir le reste du monde aurait-il eu de s'entendre?»

Quand il s'exprime ainsi, Justin Trudeau ignore la crainte que ressentent les Québécois francophones de perdre leur identité dans la spirale démographique alimentée par le vieillissement de la population et la difficulté d'intégrer une immigration aspirée par l'esprit assimilateur du West Island et par l'attrait de l'anglais, langue de la mondialisation.

La situation fragile du français à travers les chevauchements du multiculturalisme ne lui est pas étrangère puisqu'il a enseigné la langue de son père en Colombie-Britannique. Justin Trudeau rêve d'un pays où tous les citoyens pourraient s'exprimer dans les deux langues officielles. Un idéal qui l'a mené à la présidence de Katimavik, cette idée lumineuse qui s'est avérée, depuis 35 ans, une véritable université de la vie pour quelque 35 000 jeunes.

En coup de vent...

Justin Trudeau est convaincu que c'est en s'ouvrant sur le monde que les Québécois sauveront le fait français en Amérique du Nord. Ils le font déjà. La solution réside dans l'acceptation par le Canada anglais de l'existence de deux nations.

Pour l'emporter à la prochaine élection générale, le Parti libéral doit regagner la confiance des Québécois. Justin Trudeau travaille très fort pour redresser la situation. Il est passé en coup de vent dans la région le mois dernier.

Le temps d'un discours à la Chambre de commerce de Chicoutimi en évitant de rencontrer les journalistes au Cercle de presse. Il a promis de revenir.

Le jeune politicien peut vaincre ses adversaires avec son charisme. Mais son sourire ne suffira pas comme les sondages l'indiquent. Il devra enrichir son discours.

Vision réaliste

L'aile québécoise qui comprend d'excellents parlementaires comme l'ancien chef Stéphane Dion, doit imposer à l'organisation centrée à Toronto une vision réaliste des préoccupations du Québec moderne.

Présentement, c'est la méfiance qui domine face au PLC. Trudeau a semé quelques intentions comme l'aide à l'industrie forestière et un préjugé favorable à la classe moyenne. Il devra les développer davantage et avec beaucoup plus de conviction

À sa première visite officielle chez nous, il pouvait au moins présenter deux candidats de qualité, soit Mélanie Boucher, de Jonquière, et Denis Lemieux, de Chicoutimi. Mais l'histoire nous enseigne qu'au fédéral surtout, ce sont les chefs que la population élit et non les candidats.

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