Cupidité suicidaire

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Le départ d'Yves Bolduc risque d'affaiblir encore davantage... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le départ d'Yves Bolduc risque d'affaiblir encore davantage les régions.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Bertrand Tremblay
Le Quotidien

Le départ d'Yves Bolduc risque d'affaiblir encore davantage les régions. Même s'il avait élu domicile à Québec, le personnage demeurait attaché à son Lac-Saint-Jean natal. Il comprenait les problèmes que vivent les populations demeurant à l'extérieur des grandes agglomérations.

L'avènement de François Blais ravive les inquiétudes au Saguenay-lac-Saint-Jean quand on sait que le nouveau ministre de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche était doyen de la faculté des Sciences sociales de Laval avant d'entrer en politique. Le successeur d'Yves Bolduc est cependant fort bien qualifié pour assumer les lourdes responsabilités que Philippe Couillard lui confie. Détenteur d'un doctorat en philosophie, il a fort bien négocié, en qualité de ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, les premiers dossiers infectés de vitriol budgétaire qui lui ont été confiés. Mélomane, il joue du piano avec beaucoup de bonheur. Excellent communicateur, sa réplique est redoutable à la période des questions.

Mentalité inquiétante

Ce qui paraît inquiétant pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, c'est la mentalité de Laval dont François Blais est imprégné. Une mentalité qui s'est montrée systématiquement hostile aux préoccupations de chez nous au cours des dernières décennies. Elle se manifesta une première fois en 1978 quand l'ancêtre de nos institutions de haut-savoir coupa brutalement les liens qu'il entretenait avec l'Hôpital de Chicoutimi depuis 1952.

La décision retarda d'une décennie la formation d'une première unité d'enseignement de médecine de famille. C'est l'Université de Sherbrooke qui vint à la rescousse de notre réseau de la santé. L'affiliation a mené à la construction d'un pavillon de la médecine sur le campus de l'UQAC et progressivement à une solution définitive au recrutement de professionnels de la santé hors du triangle d'or Québec-Estrie-Montréal.

Laval a également pris toute la place ou presque auprès des médias et du pouvoir dans la recherche sur la forêt et elle gruge tout autant l'avantage qu'avait pris l'UQAC dans le secteur de l'aluminium. D'aucuns s'étonneront qu'on reproche à la grande université de la Vieille capitale ce qu'ils perçoivent comme le dynamisme conquérant qui se manifeste depuis l'obtention, au-delà de toute logique, d'un amphithéâtre financé à 50% par l'État pour une équipe fantôme de la NHL. Mais c'est plutôt la complicité avec le pouvoir que je dénonce. Quand l'omnipotent maire Labeaume brandit la servilité des 11 députés dont 8 libéraux et la péquiste Agnès Maltais de l'agglomération municipale et de sa périphérie, l'État se conditionne à toutes les bassesses.

Horrible centralisation

À qui profitera, par exemple, la décapitation des réseaux de la santé hors Québec et Montréal ? Poser la question c'est y répondre. Les centaines de cadres congédiés, c'est une grande richesse qui se déplacera vers le coeur de l'appareil administratif quelque part dans le quadrilatère de l'Assemblée nationale. Car le ministre Gaétan Barrette qui pilote cette machine très complexe ne pourra tout faire seul. Il aura notamment besoin d'une multitude d'assistants pour tenter l'impossible, soit diriger à distance. Ce sont les régions qui subiront les conséquences du désastre. Vive la centralisation!

Pour revenir à Yves Bolduc, ce n'est pas l'incompétence qui l'a perdu, mais la cupidité. En réclamant une généreuse prime pour pratiquer la médecine durant le règne de Pauline Marois, il a manifesté son mépris pour l'opposition. Une faute impardonnable en démocratie.

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