Le joual triomphe

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La rédactrice en chef Carole-Andrée Laniel.... ((Photo  Karine Dufour))

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La rédactrice en chef Carole-Andrée Laniel.

(Photo Karine Dufour)

Bertrand Tremblay
Le Quotidien

L'histoire de la première décennie de Tout le monde en parle, racontée dans L'envers du décor par la rédactrice en chef Carole-Andrée Laniel, s'ouvre magnifiquement sur la préface écrite par le premier Québécois élu à l'Académie française, Dany Laferrière. Un texte intelligent, écrit avec une plume enchantée, mais qui se termine par une vacherie aux médias traditionnels : « Pour une fois, on ne fait pas trop attention aux commentaires de la presse, dont les tirages ne font pas le poids. C'est bien vrai : tout le monde en parle. Déjà, les petits marmitons s'activent à la cuisine à la préparation du prochain roman. »

Invité au retour de l'émission, hier soir, Claude Meunier (La petite vie) a pris le relais en versant un peu d'humour caustique sur les deux critiques qui ont osé lever le nez sur son Ti-Mé show à Radio-Canada. Il s'en fout puisque 1,5 million de téléspectateurs applaudissent.

Le maire refuse...

Le premier reflet provenant des coulisses qui retient vraiment mon attention contient la liste de personnages bien connus qui refusent systématiquement les invitations de Guy-A. Lepage et de son équipe. Parmi ces dix irréductibles figurent deux fils de la région, soit l'ancien premier ministre Lucien Bouchard et le maire Jean Tremblay. On est surpris d'apprendre que l'inépuisable humoriste Jean-Marc Parent et l'ancien monarque de la radio québécoise, André Arthur, résistent également aux invitations de TLMEP. Ils ont pourtant la répartie facile.

Le premier ministre Stephen Harper fuit aussi comme la peste cette tribune et les chroniqueurs politiques. Les autres vedettes qui redoutent les questions de l'animateur et les petites cartes de son fou du roi Dany Turcotte sont Fabienne Larouche, l'auteure de téléséries à succès, Les Cowboys fringants et Michaëlle Jean, l'ancienne gouverneure générale du Canada, qui vient d'accéder au secrétariat général de la Francophonie internationale.

L'écrivain Victor-Lévy Beaulieu eut suffisamment de courage pour affronter Guy-A. Lepage deux ans après l'avoir comparé, dans un journal, au Grand Inquisiteur et à Ponce Pilate.

« Qu'a mange ... »

Dans son langage très populo, Guy A. Lepage avait lancé à Denise Bombardier, par médias interposés, un retentissant « Qu'a mange d'la marde » pour avoir osé critiquer la pauvreté du français utilisé par les humoristes. Mais la visibilité de TLMEP a eu raison des scrupules de l'omniprésente chroniqueuse et écrivaine. En vérité, gens cultivés, les deux animateurs aiment bien parler joual. Ça fait tellement plaisir à la snobinarde colonie artistique de Montréal et aux Québécois de souche qui habitent l'est de la métropole! Mais en se comportant ainsi, ils se font les agents inconscients de l'anglicisation du Québec.

Le Frère Untel doit se retourner dans sa tombe quand il les entend prendre plaisir à torturer cette « pédante Majesté la Langue française » qui trône dans les salons parisiens. L'historien Gérard Bouchard s'inquiète de la situation. « La mondialisation, observe-t-il , en vient à modifier les sources d'attachement traditionnelles au français. Ce constat s'oppose à une conception souvent véhiculée dans la métropole où l'on se conforte au sujet du recul du français en disant que la langue n'est pas menacée dans les régions. Ceux qui adhèrent à cette vision pensent qu'heureusement, il reste les régions. Il ne faut jamais oublier que le français a survécu au Québec grâce à la lutte tenace, continue, courageuse et opiniâtre des générations qui nous ont précédés. Est-ce que cette fibre-là est en train de se refroidir et qu'on passe à autre chose? »

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