Le spectre du chômage

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

(Chicoutimi) Avec son visage glacial, l'actualité s'invite à Saguenay, en ce début de 2015, avec l'inquiétante réalité du plus haut taux de chômage au pays. Il a subi une hausse de 2,3 points, l'équivalent de 2100 personnes, au cours des 12 derniers mois, pour atteindre 9,6%. Pendant que la capitale régionale perdait 500 emplois, Trois-Rivières en générait 2900.

Pourtant, en novembre 2013, Saguenay affichait un taux de chômage inférieur à ceux de Trois-Rivières, de Montréal et de Toronto. À quoi attribuer cette chute de l'activité économique après des périodes florissantes?

Québec capitule

Le gel du Plan Nord n'explique pas tout. Les difficultés de l'industrie forestière provoquent sans doute de nombreuses pertes d'emplois. Le péril s'accentue quand Greenpeace projette une image déformée de l'exploitation de la ressource. Même l'État s'agenouille devant les dirigeants de ce mouvement. Le ministre Lucien Lessard adoptera, en effet, les normes FSC (Forest Stewarship Council) préconisées par Greenpeace , même si celles de CSA (l'Association canadienne de normalisation) et SFI (Sustainable Forestry Initiative) sont reconnues partout sur la planète.

L'industrie perçoit avec beaucoup d'inquiétude l'application, en 2016, de cette législation qui interdira l'exploitation de la ressource sur 80% du territoire boisé au nord du Lac-Saint-Jean. La forêt boréale sera alors abandonnée au feu et aux insectes, notamment la dévastatrice tordeuse de bourgeon de l'épinette.

Quant à l'industrie de l'aluminium, sa croissance est évidemment tributaire des conditions du marché et de la spéculation. Dans le contexte actuel, les spécialistes ne prévoient pas avant une décennie la réalisation des phases 2 et 3 d'AP60 et l'agrandissement de l'aluminerie d'Alma. Fort heureusement, avec la collaboration de Québec, RTA et ses 1000 employés des vieilles précuites d'Arvida bénéficient d'un prolongement de la production jusqu'en 2020.

Les PME

Entre temps, les nouveaux emplois proviendront des PME. L'autorité municipale de Saguenay n'en est pas suffisamment consciente. Elle accorde encore trop d'importance et de sous à des projets mirobolants qui finissent en queue de poisson après beaucoup d'agitation quand ils ne sont pas le jouet de chevaliers d'industrie. Quant à l'important complexe réalisé à La Baie pour accueillir les croisiéristes, il fournit une des plus belles cartes touristiques dont une région puisse rêver, mais peu d'emplois de haut calibre et pas davantage de retombées économiques proportionnelles aux investissements consentis et aux frais d'entretien.

Mais il n'appartient pas à une ville de lancer des entreprises. C'est le rôle d'entrepreneurs. La région a l'avantage d'en posséder d'excellents. Leurs entreprises sont dynamiques, innovatrices. C'est la Saguenéenne Sotrem-Maltech, par exemple, qui a réanimé l'ancienne aluminerie de RTA à Shawinigan. Nos PME exportent leurs produits malgré l'obstacle des distances et les mesquineries de l'État et de la ville.

Revenons au drame que vit la compagnie Rémac, de Jonquière. Elle attend depuis 15 ans le paiement de la pyramide des Ha! Ha! érigée à La Baie. L'affaire s'étire au Palais de Justice de Chicoutimi. Devant les membres du Cercle de Presse de Saguenay, au début d'octobre dernier, le PDG André Poulin estimait à près de 3 millions$ l'accumulation des coûts de la poursuite en incluant les intérêts. La défense de cette cause nécessite un déboursé hebdomadaire de 1000$.

Ce n'est certainement pas ainsi que la région comblera les emplois dont elle a un urgent besoin.

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