Greenpeace et ses complices

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Pour financer sa multinationale, Greenpeace mène contre les exploitants de la... (Archives AFP)

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

Pour financer sa multinationale, Greenpeace mène contre les exploitants de la forêt boréale un combat idéologique qui fait abstraction de la réalité. Mais il profite de l'appui tacite de deux complices, le gouvernement du Québec et les médias nationaux. Son siège social établi à Amsterdam dirige les opérations de désinformation dans le but de cotiser les urbains après avoir fouetté leur inquiétude.

Le mouvement atteint sa cible en utilisant des formules percutantes simplifiées à l'extrême, analyse le professeur Claude Villeneuve, directeur de la Chaire en éco-conseil de l'UQAC, pour dénoncer une réalité complexe impliquant la recherche, les éco-systèmes et des travailleurs qui gagnent honnêtement leur vie en exploitant la forêt dans la vision du développement durable.

Combat idéologique

Greenpeace s'attribue le beau rôle. Il va donc poursuivre ses attaques contre l'industrie forestière régionale. Son dernier assaut met en péril la papeterie de Kénogami et ses centaines d'emplois. Il s'en réjouit puisqu'il ne se reconnaît aucune imputabilité. «Il se contente de défendre des acteurs symboliques et absents. Plus l'adversaire est faible, plus il frappe fort», prévient le biologiste dans son message transmis à l'animatrice Doris Larouche de Café, boulot, dodo, l'émission matinale de Radio-Canada à Chicoutimi.

Et le chercheur poursuit ainsi sa charge: «Greenpeace se fait le grand défenseur d'une idée de la nature. Les forêts vierges, c'est une abstraction. Ce n'est pas une réalité mesurable scientifiquement. Dans ce cadre-là, il est évidemment possible de procéder à une exploitation industrielle de la forêt boréale tout en assurant le renouvellement de la ressource. Dans une confrontation publique avec des scientifiques et des administrateurs qui oeuvrent sur le terrain comme Richard Garneau, le grand patron de Résolu, les messagers de Greenpeace comme Nicolas Mainville, le directeur de sa filiale québécoise, perdraient la face en tentant ajuster leur discours à la réalité.»

Le gouvernement, sous toutes les couleurs, est aussi responsable de la mort lente de notre industrie forestière parce qu'il a, comme le déplore le professeur émérite et autorité française en la matière, Pascal Triboulot, «tout basé en matière de forêt, sur l'écologie en oubliant presque totalement la dimension économique sans laquelle les régions sont vouées à une régression certaine».

Le Forestier en chef

Dans sa réflexion publiée en 2011, il en attribue la raison essentiellement aux populations urbaines concentrées le long du Saint-Laurent, qui associent la forêt aux loisirs, à la détente, à «la fin de semaine au chalet» de préférence à la transformation des résineux en de multiples produits. Pourtant, les deux activités peuvent fort bien côtoyer.

L'autorité politique, influencée par la méfiance des urbains à l'endroit de l'industrie forestière, a fait son choix. Elle a confié à la Commission Coulombe, formée majoritairement d'écologistes, d'adhérents à L'Erreur boréale et d'émules de Greenpeace, le mandat de conseiller le gouvernement. Les 80 recommandations soumises en décembre 2004 se résumaient à un projet de fermeture de la forêt boréale à toute exploitation industrielle.

Le Forestier en chef a causé tout un choc en affirmant, dans son rapport déposé en 2010, que la forêt boréale n'a pas été victime de la surexploitation entre 2000 et 2008 comme le prétendaient tous les "spécialistes" de Québec et de la métropole. Son équipe n'avait pas davantage perçu de déforestation. Et en 2007, trois ans après le cri d'alarme lancé par la Commission Coulombe, l'ONU proclamait, dans sa Situation des forêts dans le monde, que celles du Canada, dont évidemment la forêt boréale, n'avait pas varié au cours des 15 dernières années, et constatait que «la gestion durable des forêts semble être un objectif à la portée de l'Amérique du Nord».

Mais notre industrie forestière est toujours menacée. Depuis la Commission Coulombe, le coût de la fibre monte en flèche. À 55$ le mètre cube, il ne doit son passage dans l'étroit couloir de l'exportation qu'à un dollar aminci.

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