« Je vois Montréal »

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Ce slogan imaginé pour relancer l'économie après la descente aux enfers décrite... ((Archives))

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

Ce slogan imaginé pour relancer l'économie après la descente aux enfers décrite par la commission Charbonneau fouette la fierté des Montréalais. Il a conduit à la présentation de 120 projets au sommet tenu lundi dernier. Un succès qui s'harmonise magnifiquement avec la conquête de la première place au classement général de la LNH par les nouveaux Canadiens.

Mais quand on nous ressort la cassette voulant que Montréal soit la locomotive dont l'économie provoque des retombées dans tout le Québec, les régions périphériques comme la nôtre manifestent beaucoup de scepticisme.

La réalité se situe plutôt à l'opposé de cette thèse. C'est-à-dire que c'est le dynamisme et la richesse des régions qui font la puissance de la métropole.

Retour des Expos

Et lorsque Montréal, à l'exemple de Québec, «Capitale nationale», veut canaliser les ressources de l'État vers des projets insensés, les régions s'inquiètent. Même nos plus belles têtes qui ont choisi la métropole pour mieux exploiter leur talent succombent aux charmes de ces sirènes de l'ambition démesurée. Comme, par exemple, Samuel Archibald, cet Arvidien d'origine, dans son plaidoyer en faveur du retour des Expos à la dernière émission de BAZZO.TV qu'anime Marie-France Bazzo, à Télé-Québec.

Alors que le Québec gratte les fonds de tiroirs et inflige des modifications majeures à ses créatures régionales de l'Éducation et de la Santé dans l'espoir de sauver quelques sous, les nostalgiques des Expos rejoignent ceux des Nordiques dans une offensive vers une nationalisation progressive des sports professionnels.

L'État défraie déjà indirectement de coûteuses loges corporatives et il partage 50-50 avec la Ville de Québec le financement de l'amphithéâtre que le maire Labeaume a fait construire dans l'espoir de séduire Gary Bettman, le grand patron de la LNH, qui évalue les petits marchés à leur capacité de siphonner les fonds publics.

Certes, le professeur en études littéraires devenu la coqueluche des salons du livre depuis la publication, en 2011, de son premier livre de fiction, Arvida, un recueil de contes et de mythes, s'est courageusement prêté au jeu d'un affrontement artificiel avec André Richelieu, le professeur de l'UQAM spécialisé en marketing sportif, pour susciter l'intérêt du téléspectateur. Il a d'ailleurs avoué candidement son engouement pour le baseball dont il fut un joueur d'élite. Mais pousser la blague jusqu'à prétendre qu'il serait plus justifié d'utiliser l'argent du trésor public au retour des Expos qu'à enrichir les minières du Plan Nord, c'est effectuer une pirouette périlleuse.

Le nouveau Plan Nord

Le Plan Nord n'est décidément pas très populaire à Montréal puisque même le Jonquiérois d'origine, Dany Turcotte, le génial fou du roi Guy A. Lepage et animateur de La petite séduction, fit lire, à une émission récente, cette boutade empoisonnée d'humour caustique à Pierre Arcand, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, responsable du Plan Nord: «On coupe à l'est, on coupe à l'ouest, on coupe au sud et on lance tout ça dans le nord.»

Il est vrai que nous sommes loin des perspectives de 80 milliards$ de retombées du Plan Nord, estimation lancée par Jean Charest en 2011, mais l'augmentation des redevances ajoutée au ralentissement prolongée de l'économie québécoise y a contribué fortement. Le Québec qui figurait, de 2007 à 2009, en tête des réservoirs miniers les plus enviés des investisseurs, a glissé en 21e place.

Et ce sont la Suède et la Finlande, qu'on ne peut suspecter de mollesse devant le grand capital, qui occupent présentement les deux premières places. Nous sommes champions dans l'art de nous tirer dans le pied.

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