L'axe Coderre-Labeaume

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

L'astucieux maire de Sainte-Rose-du-Nord fut le seul à avoir perçu le piège, le 26 septembre dernier, au dernier congrès de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), tenu à Québec. Aux acclamations de «moment historique» et «signal fort», les maires Régis Labeaume et Denis Coderre, liés dans un pacte tacite contre les pouvoirs trop absolus de l'État, venaient d'adhérer, en qualité de membres associés, à ce regroupement de quelque 1000 municipalités et MRC.

Un «gros show»

Pendant que les délégués applaudissaient ces deux gourmands barons du royaume, Laurent Thibeault exprima son malaise à la consoeur Valérie Gaudreault, du Soleil, autant devant ce «gros show» que de «l'ampleur de la grande conférence Le pouvoir de mieux faire», une plénière animée par Jean-Luc Mongrain, durant laquelle l'organisation du congrès dévoila les résultats d'un sondage sur la confiance envers les élus mettant en exergue les maires de Montréal et de Québec.

Laurent Thibeault avait ainsi traduit son inquiétude: «Je viens ici pour apprendre des choses, participer au développement de nos municipalités, mais c'est le contraire, on organise un spectacle».

Il aurait pu ajouter que cette mise en scène ne visait qu'à justifier, auprès des représentants du Québec des régions, les appétits insatiables de nos deux grandes agglomérations, leurs projets pharaoniques et leur vision orientée vers la concurrence avec les plus célèbres métropoles occidentales.

Des opérations politiques récentes semblent confirmer cet objectif. Ne mentionnons que la dernière, celle de la fondation de l'Institut nordique du Québec par Laval, McGill et l'Institut national de recherche scientifique avec le soutien financier du ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, responsable du Plan Nord, Pierre Arcand. Une réalisation effectuée dans le secret sans la participation de l'UQAT, l'UQAR et l'UQAC, les trois constituantes de l'Université du Québec qui poursuivent des recherches dans l'immense réservoir de ressources naturelles du Nord québécois.

Le Centre de la nordicité est très actif à Rimouski et la maison de haut savoir établi à Rouyn-Noranda développe, en partenariat avec l'Université du Québec à Montréal, une chaire de recherche en entrepreneuriat minier. Quant à l'Université du Québec à Chicoutimi, elle est très active dans l'immense territoire couvert par la forêt boréale avec Ingivre, la recherche sur les effets du givrage atmosphérique sur les lignes de haute tension, le centre d'étude sur les ressources minérales et le Consortium de recherche sur la forêt boréale commerciale.

L'abandon de Laval

L'Institut nordique du Québec dispose d'une enveloppe de trois millions$ provenant du Fonds du Plan Nord «pour former un réseau intersectoriel et interinstitutionnel unique.» Il recrutera des chercheurs et, précise le communiqué du ministre Arcand, coordonnera «des activités de maillage et de réseautage essentielles à un tel projet où nombre de partenaires sont issus de milieux diversifiés.»

Pourquoi ne pas avoir associé les universités établies en région au nouvel institut puisque, par cette initiative, Québec «démontre sa volonté de faire du Plan Nord une priorité" ? Interrogé sur ce projet, jeudi dernier, lors de son passage à Chicoutimi dans le cadre d'une tournée d'information sous le thème «Saisir notre force économique», Jean-Denis Girard, ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises, à l'Allègement réglementaire et au Développement économique régional, a vainement tenté de calmer les appréhensions de la presse régionale.

Laval a engendré ce scepticisme, en 1978, lorsqu'elle a mis un terme, sans raison apparente, à son affiliation avec l'Hôpital de Chicoutimi, après 26 ans de parrainage fructueux. L'aïeule de nos universités fit ensuite la sourde oreille aux supplications des équipes médicales et des dirigeants de l'institution régionale. C'est finalement l'Université de Sherbrooke, une décennie plus tard, qui a résolu le grave problème de la pénurie de médecins en région provoquée par l'abandon de Laval, en acceptant de prolonger sa faculté de Médecine jusqu'à l'UQAC.

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