André Poulin éblouissant

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André Poulin... ((Photo Jeannot Lévesque))

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André Poulin

(Photo Jeannot Lévesque)

Bertrand Tremblay
Le Quotidien

À l'exemple d'un tribun charismatique, l'industriel André Poulin a fait le plaidoyer des PME en région avec une puissance de conviction exceptionnelle, au Cercle de presse, la semaine dernière. Il a livré une mine d'informations que devraient conserver précieusement les participants au Sommet économique régional qui sera tenu le printemps prochain.

Toutes les interprétations du patron de REMAC, une entreprise qui génère 80 emplois, étaient appuyées sur des faits vérifiables. Personne ne les a d'ailleurs contestées. Même pas Saguenay qui a prétexté la présentation de l'affaire Pyramide à la Cour supérieure du district de Chicoutimi pour éviter d'apporter une explication au rejet d'un règlement à l'amiable d'un montant de 300 000 $ qu'André Poulin avait accepté en 2005.

La Pyramide de la discorde

La Pyramide s'élève toujours comme le monument de la fierté baieriveraine, mais son constructeur en attend toujours une juste rémunération. La poursuite, en incluant les intérêts, frôle présentement les 3 millions $ et l'entrepreneur nourrit sa défense de quelque 1000 $ chaque semaine. Ce qu'il juge davantage odieux, c'est la perception d'être doublement pénalisé. Remac n'a jamais droit aux subventions versées par Promotion Saguenay aux autres PME établies dans la ville. Plus étonnant encore, même si l'entreprise construit des ponts en aluminium et autres infrastructures semblables partout au Québec, la ville dont elle est un honorable citoyen corporatif reconnu ne l'a notamment pas invitée à soumissionner pour la réalisation de marinas à La Baie, Shipshasw et Chicoutimi.

Même s'il a fait la manchette, le litige qui oppose Saguenay et REMAC n'était toutefois qu'un élément accessoire. L'essentiel du propos d'André Poulin portait sur le chemin parcouru par les PME d'ici au cours des dernières décennies, leur percée étonnante sur les marchés étrangers et la difficulté de réunir les conditions gagnantes qui s'avèrent souvent d'une extrême complexité. Pensons simplement à Béton préfabriqué du Lac (BPDL), le constructeur d'élégants et impressionnants édifices, Devinci, dont les vélos roulent à Londres et dans les grandes villes américaines, et REMAC, qui vient d'inscrire un record Guinness avec la plus grande passerelle en métal gris au monde.

Un grand développeur

Sans la quarantaine de PME innovatrices qui ont pris la relève de la grande industrie, la région serait en chute libre, imagine André Poulin, avec un taux de chômage de quelque 24 %, comparable à des pays menacés par la faillite comme la Grèce. Il faut poursuivre le mouvement, recommande-t-il, avec la nomination d'un agent de développement régional qui élaborerait avec la grande industrie des moyens pour contrer les effets de la mondialisation.

L'industriel s'interroge aussi sur la compétence de négociateurs qui ont, l'an dernier, soumis une réduction du tarif L de quelque 250 millions $ à Alcoa sans exiger, en contrepartie, que la multinationale paie ses fournisseurs dans un délai raisonnable et non après 120 ou 180 jours, comme c'est trop souvent la norme depuis quelques années.

Si Guy-A. Lepage et son fou du roi, Dany Turcotte, avaient le souci de projeter les réalités économiques des régions périphériques, dont plus spécifiquement la nôtre, ils s'empresseraient d'inviter André Poulin à leur populaire émission, Tout le monde en parle.

Les deux brillants animateurs manipulent agréablement l'art de taquiner sans insulter. Et comme ils manifestent toujours une saine curiosité d'information, ils contribueraient à renseigner l'ensemble du Québec, mais plus spécifiquement ses deux agglomérations majeures, sur l'entrepreneurship qui se développe en région de façon exceptionnelle.

Cette suggestion pourrait surprendre, car Tout le monde... est une émission de variétés. Mais sa cote d'écoute demeure très élevée. Les grands de ce monde qui prennent le risque de s'y présenter ont la conviction de pouvoir passer leur message tout en évitant de ternir leur image.

Mais seuls les verbomoteurs qui maîtrisent parfaitement leur dossier y parviennent. André Poulin répond parfaitement à cette description.

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