Une petite virée à Val-Jalbert

Le personnage de madame Thibeault est haut en... (Le Progrès, Louis Potvin)

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Le personnage de madame Thibeault est haut en couleur.

Le Progrès, Louis Potvin

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Louis Potvin
Le Quotidien

CHRONIQUE / «Moi, ce que j'ai aimé le plus à Val-Jalbert, c'est les pièces de théâtre !»

C'est Angèle qui a lancé cette phrase alors que nous marchions vers la chute. Angèle c'est l'amie de ma fille Emma.

Elles sont venues avec moi pour vivre l'atmosphère du Village historique de Val-Jalbert personnifié par des comédiens qui animent de façon amusante et chaleureuse ce superbe site.

Notre région dispose vraiment de sites touristiques de très grande qualité et Val-Jalbert se trouve en tête de liste.

On sent que les comédiens ont un fun noir à incarner leur personnage. Ils entrent en interaction avec les visiteurs en les transportant en 1920 avec un franc-parler et le vocabulaire employé dans ces années-là, tout en livrant une bonne dose d'information sur l'époque.

Quand un site touristique sait captiver des enfants, la réussite est presque assurée. Angèle et Emma ne se tannaient pas de voir et d'écouter madame Thibeault raconter ses histoires sur la galerie de magasin général. S'approchant pour montrer leur slush, la comédienne lance: «Le curé ne veut pas que je boive ça. De toute façon, ça l'air que c'est frette pis que ça l'a des mottons comme les patates pilées de ma voisine», une répartie qui a fait s'esclaffer la dizaine de personnes attablées à écouter le chouennage de la comédienne.

C'est cette vivacité d'esprit des comédiens qui réjouit et surprend. Les deux fillettes ne voulaient plus retourner à la maison tant elles avaient du fun. La «vieille fille» postière offre aussi de belles scènes de commérage dans son bureau.

La magie s'est opérée dès notre arrivée alors que nous nous sommes dirigés vers le vieux couvent où nous attentaient deux soeurs et deux couventines pour aller en classe. Angèle et Emma et une quarantaine d'autres personnes se sont assises derrière des pupitres pour vivre cette amusante classe d'antan.

Par la suite, Emma et Angèle ont été invitées à danser avec d'autres jeunes lors d'un tableau au magasin général. Elles étaient mortes de rire à entendre «chanter» Anna lors d'une scène hilarante.

«Moi ma préférée c'est Rose-Anna la couventine», s'exclame Emma. « Et moi, c'est Estelle parce qu'elle est malcommode», ajoute Angèle.

Pour dire comme ils sont bons. Moi qui ai déjà fait du théâtre, ils m'ont donné le goût de devenir un de ces personnages et de divertir et faire rire des centaines de visiteurs chaque jour.

Très concentrés

Les comédiens tiennent à rester concentrés et ne pas «décrocher» pour parler au gratte-papier, comme m'a surnommé soeur Sainte-Claire d'Assise. Seul le maire, Willy Fortin le fait. C'est lui qui dirige la troupe et plusieurs autres employés du site. Martin Cloutier anime. Il est devenu presque l'emblème du village. Il prend ça à coeur et se trouve choyé d'incarner ce personnage depuis 19 ans. «Je suis comme un enfant. Je me sens chanceux. Le sourire et les yeux émerveillés des gens me fascinent. J'ai toujours autant de plaisir. Et c'est partagé par les autres comédiens. Ils veulent revenir travailler chaque été», commente-t-il.

Lise Hudon-Thibeault en est à sa 13e année à Val-Jalbert à enfiler le costume d'Anna Thibeault. Son personnage prend beaucoup de place et elle dispose dans son sac d'un paquet de répliques savoureuses. «On dirait qu'elle improvise, mais ça doit être environ seulement 5%. Ça fait tellement longtemps qu'elle est ici et elle a tellement d'expérience qu'elle dispose de répliques pour répondre à toutes les situations qui lui sont arrivées au cours de ses années», explique Martin Cloutier.

Certains se font prendre au jeu des comédiens. Une dame racontait à la mère supérieure Sainte-Claire d'Assise qu'une de ses tantes était religieuse et qu'elle avait été missionnaire et lui posait des questions comme si elle était persuadée qu'il s'agissait d'une vraie religieuse. «Ça arrive souvent, lance Martin, surtout soeur qui a vraiment la tête de l'emploi.»

Photo d'époque

Pour ajouter aux plaisirs d'être transportées dans une autre époque, les filles se sont déguisées en couventines et se sont fait tirer un portrait en noir et blanc. Elles jubilaient de pouvoir enfiler la robe noire et faire les élèves très sages. «Le costume, est-ce que je peux l'acheter ?», m'a demandé Emma en sortant tout en contemplant la photo avec sa complice.

L'idée de cette photo d'époque est très judicieuse et populaire. Charles le photographe tire 45 portraits par jour lors des journées achalandées.

Les filles tenaient à voir la chute et prendre le téléphérique pour avoir cette vue superbe sur le Piékuagami. Des touristes français présents n'en revenaient tout simplement pas du panorama qui s'offrait à eux. L'immensité du lac, les champs de fourrage, la pointe de Roberval et de Chambord. Les vieilles maisons du site. On ne se tanne pas. Juste cette vue grandiose mérite de visiter le site de Val-Jalbert.

Il y a tant de choses à faire et nous nous sommes tellement attardés à regarder les comédiens que nous avons manqué de temps pour assister au spectacle immersif et aller voir les vieilles maisons sur la butte.

«Quand est-ce qu'on va revenir papa ?», m'a demandé Emma se retournant vers Angèle. Les deux avaient encore les yeux pleins d'émerveillement. Pas dur de comprendre qu'elles ont adoré leur visite.




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