5 Américains, un 4 juillet

Le journaliste du Quotidien, à gauche, a discuté... (Photo Le Quotidien, Yohann Gasse)

Agrandir

Le journaliste du Quotidien, à gauche, a discuté pendant une bonne vingtaine de minutes avec cinq étudiants américains de l'École de langue française de l'UQAC. De gauche à droite, il y avait Brandie Johnson, Lane Tankersley, Brooke Morales, Lacy Jack et Amir Elraheb.

Photo Le Quotidien, Yohann Gasse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pascal Girard
Le Quotidien

CHRONIQUE / Cinq Américains et un journaliste, un 4 juillet...

Voilà la mission que j'avais en me rendant à l'Université du Québec à Chicoutimi pour rencontrer des étudiants de l'École de langue française et de culture québécoise. Je suis arrivé en plein spectacle d'improvisation avec une vague idée de ce que je voulais parler avec les étudiants. Signe des temps, c'est par texto qu'ils se sont fait signe de venir me voir. C'est ainsi que Brandie Johnson, 34 ans, Lane Tankersley, 21 ans, Brooke Morales, 20 ans, Lacy Jack, 25 ans, et Amir Elraheb, 22 ans, se sont attablés avec moi, avec la permission spéciale de parler anglais avec le journaliste du Quotidien, tout heureux de sortir son anglais de La Baie... 

Ils sont ici pour cinq semaines. Ils en étaient mardi à leur deuxième journée à l'UQAC, mais ils étaient au Québec depuis quelques jours, ayant visité la belle ville de Québec avant de se rendre plus au nord. Les cinq sont des étudiants à la Austin Peay State University au Tennessee, à 45 minutes de Nashville, la nouvelle contrée de P.K. Subban. Brandie avait pensé apporter son chandail des Predators, mais elle avait peur de se faire importuner par les Saguenéens. Elle a été très surprise quand je lui ai dit que plusieurs Québécois s'étaient rangés derrière les hommes en jaune moutarde dans l'espoir de voir P.K. ramener la coupe à Montréal pour aller la montrer aux enfants malades. C'était mon petit rêve personnel, même si j'avais choisi les Penguins dans mon pool...

Trois d'entre eux font une majeure en français et deux une mineure dans la langue de Molière. Deux d'entre eux avaient même un cours sur la littérature québécoise. Brandie m'a même sorti un livre de Jacques Poulin, Volkswagen Blues. Brooke m'a dit qu'elle avait choisi d'apprendre une autre langue pour éventuellement travailler au State Department, l'équivalent du ministère des Affaires étrangères au Canada. Il y aura donc quelqu'un qui nous comprendra lorsque viendra la 6e guerre du bois d'oeuvre avec les Américains.

Inévitablement, la discussion tourne rapidement autour de la politique et d'un certain Donald... Lacy me révèle qu'elle a déjà été interpellée sur son président. Tous me disent que c'est presque automatiquement un des premiers sujets. Amir revient tout juste d'Espagne. Là aussi. c'était le sujet de prédilection. Les cinq me disent être bien à l'aise de parler politique et que c'est un sujet qu'ils n'hésitent pas à aborder entre eux. Mais je sentais quand même une certaine retenue, même de mon côté. Comment parler de Donald Trump à cinq Américains quand on sait que 50 % de la population l'a appuyé ? Je me suis gardé une gêne et je ne leur ai même pas demandé pour qui ils avaient voté. De toute façon, deux n'ont même pas voté.

Mardi, c'était le 4 juillet, jour de fête nationale chez nos voisins du sud. Brooke l'avait oublié. C'est en classe que quelqu'un lui a rappelé. Je me suis trouvé bien comique quand je lui ai demandé ce que ça lui faisait de pouvoir boire de l'alcool légalement pour la première fois de sa vie un 4 juillet. À 20 ans, elle est sous l'âge légal américain. « On a un campus sans alcool. C'est contre le code de conduite étudiante de notre université... » Et comme les cours à l'UQAC comptent, le code du Tennessee s'applique aux bars de la rue Racine... 

Ils n'entendaient pas de toute façon célébrer de quelque façon leur pays. À la maison, ils auraient sûrement assisté à un feu d'artifice ou fait un barbecue en famille, mais sans plus. Je dois avouer que ça m'a étonné quand on s'imagine que les Américains sont tous de grands patriotes exacerbés. C'est là que j'ai sorti une question que je trouvais facile. « Qu'est-ce que ça signifie d'être Américain ? » Aucune réponse en cinq. Je les ai pris au dépourvu. « De toute façon, nous sommes tous des Américains, même toi », m'a lancé Lacy. C'est vrai que nous vivons tous en Amérique... Mais on a Justin, pas Donald.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer