Un courage venu de nulle part

J'ai eu la chance de monter à bord... (Photo le Progrès, Pauline Mourrat)

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J'ai eu la chance de monter à bord du Griffon CF 46, habituellement utilisé pour du sauvetage.

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Pauline Mourrat
Le Quotidien

CHRONIQUE / Contrairement aux baleines, l'hélicoptère n'était absolument pas dans ma bucket list. J'ai une peur bleue des hauteurs et je déteste les sensations fortes.

La porte latérale de l'hélicoptère était ouverte presque... (Photo le Progrès, Pauline Mourrat) - image 1.0

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La porte latérale de l'hélicoptère était ouverte presque tout le long du vol.

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On a survolé la rivière Saguenay.... (Photo le Progrès, Pauline Mourrat) - image 1.1

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On a survolé la rivière Saguenay.

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Pourtant, quand mon chef de nouvelles (eh oui, encore lui) m'a proposé un vol en Griffon, une vague de courage sortie de je ne sais où m'a fait répondre oui. Et là, je vous entends déjà vous dire «coudonc, il y a des semaines plus faciles que d'autres»! Oui, je confirme.

Je suis arrivée sur le stationnement de la base militaire de Bagotville mercredi matin, où j'ai retrouvé deux collègues du Courrier du Saguenay qui étaient aussi là pour le vol. C'était une activité proposée aux médias à l'occasion du spectacle aérien qui a lieu cette fin de semaine. D'ailleurs, on risque de se croiser si vous venez y faire un tour.

C'était seulement la deuxième fois que je venais sur la base, et je pense que j'étais plus stressée par la rigueur et le respect qui se dégage du lieu que par le vol en tant que tel. Avant de monter à bord de l'hélicoptère de sauvetage, on a eu droit à toutes les consignes de sécurité. Comment attacher et enlever sa ceinture rapidement en cas de problème, où placer ses jambes en cas d'écrasement de la machine et, bien sûr, l'emplacement des sacs à vomi.

«On va voler pendant environ 45 minutes et si vous allez toujours bien, on essayera de faire quelques manoeuvres!», nous lance le commandant de l'Escadron 439, et aussi notre pilote, le major Steve Siket, avant de monter à bord du Griffon. Ce n'est pas vraiment les mots que j'attendais pour atténuer ma mini-nervosité, mais j'avais bien trop d'orgueil pour avouer que je n'étais pas la plus enjouée par le projet à ce moment-là.

Casque sur les oreilles et ceinture attachée, je me suis installée à bord de l'hélicoptère, du côté de la porte qui ne peut pas s'ouvrir en vol, par mesure de sécurité, ou pour me rassurer. Choisissez l'option que vous voulez. Le pilote et son copilote ont pris place aux commandes de l'appareil, dans leur uniforme kaki, et avec leur casque aux lunettes de soleil intégrées sur la tête. Si vous avez déjà vu le film Top Gun, vous êtes capables de visualiser la scène. Bon, sans Tom Cruise, certes, mais sinon tout était pareil!

On a survolé le quai des croisières de La Baie, Chicoutimi et Jonquière, avant de réaliser qu'un énorme nuage noir se dirigeait vers nous. Le paysage, je le connaissais, mais vu d'en haut c'était différent. Plus authentique. Ah, j'allais oublier de préciser que la porte latérale était ouverte presque tout le long du vol. Et je n'avais même pas peur, je me suis trouvée plutôt bonne d'ailleurs.

On est rentrés à la base en un temps record. L'ingénieur de vol qui était à l'arrière de l'appareil avec nous a demandé si tout le monde était d'accord pour faire des manoeuvres. Et bien, croyez-le ou non, j'ai hoché la tête avec un grand sourire. On a commencé en douceur par des virages sur place à 180 et 360 degrés, une marche arrière (et oui, un hélicoptère peut reculer!).

Puisque personne n'avait encore vomi, le pilote a décidé de corser un peu les choses pour finir en beauté. Alors nous voilà partis en position verticale vers le ciel. Je voyais les nuages et le soleil à travers les vitres du pilote, c'est vous dire à quel point on était droits. Mais le temps que je réalise que, si on monte il faut redescendre, le nez de l'appareil pointait déjà vers le bas. Toujours en position verticale, mais inversée cette fois. Je n'exagère même pas si je vous dis que mes fesses se sont décollées du siège. Je me sentais en apesanteur, c'était spécial, surprenant, mais je ne dirais pas que c'était agréable. Malgré toutes ces émotions, je suis descendue de l'appareil avec tous mes membres, je n'ai pas vomi et mes jambes ne tremblaient même pas.

Alors honnêtement, je n'arrive pas à choisir ce dont je suis le plus fière. Avoir survécu à mon premier vol en hélicoptère, ou vous avoir raconté mon expérience sans faire le jeu de mots auquel tout le monde a pensé: «Alors, tu t'es envoyée en l'air?»




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