La Gaspésie vue par les romans

Étudiante au doctorat en littérature à l'Université du... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Étudiante au doctorat en littérature à l'Université du Québec à Chicoutimi, Andréanne R. Gagné souhaite découvrir le rapport entre l'identité des personnages et le territoire dans le roman gaspésien, en plus de voir comment se construit l'imaginaire associé à cet endroit.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

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PAGE UQAC / Découvrir les liens et les rapports entre l'identité des personnages et le territoire gaspésien, voilà le défi que s'est lancé l'étudiante au doctorat en littérature à l'Université du Québec à Chicoutimi, Andréanne R. Gagné. Intitulé Géocritique du roman gaspésien (1970-2015), son projet porte plus précisément sur les représentations spatio-identitaires dans les romans qui se déroulent tout ou en partie en Gaspésie, et qui ont été publiés sur une période de temps déterminée.

« Pendant longtemps, la littérature s'est intéressée à la question du temps dans les romans, mais depuis les années 90, il y a plusieurs chercheurs qui se sont intéressés à la notion d'espace et ce qu'il représente », explique Mme Gagné.

L'étudiante a choisi cet endroit du Québec en partie parce qu'aucune étude de ce genre n'avait été réalisée en Gaspésie, mais également parce qu'elle est tombée sous le charme de la région. Elle y a en effet passé quelques années à enseigner la littérature et le français au Cégep.

« J'ai remarqué que c'était un endroit où beaucoup d'artistes venaient y créer, ou s'inspiraient de la Gaspésie pour leurs oeuvres. Quand je suis revenue au Saguenay, j'ai voulu me pencher sur le roman que j'appelle gaspésien », raconte-t-elle.

Selon Andréanne R. Gagné, plusieurs romans ont des personnages qui vont en Gaspésie pour se réinventer, se refaire une vie. La région est vue comme un endroit vierge, estime l'étudiante. Et à l'inverse, ajoute-t-elle, les personnages gaspésiens, nés sur le territoire, ne peuvent pas s'en sortir, ou s'ils veulent le faire, c'est plutôt vu comme une trahison.

« Il y a donc tout ce rapport contraire, et c'est un aspect qui m'intéresse beaucoup. Il y a également le rapport avec la mer et le travail saisonnier qui a une place importante », poursuit l'étudiante.

Avec son projet, elle souhaite se démarquer des autres recherches qui ont déjà été réalisées sur la représentation de l'espace puisque les travaux existants se concentrent en majorité sur l'Acadie ou le Québec. Andréanne R. Gagné estime toutefois que la Gaspésie est différente du reste de la province, tant sur le plan économique (avec le travail saisonnier) que sur les plans culturel et géographique.

« C'est intéressant de travailler sur la notion de l'espace à cet endroit, parce que c'est un sujet qui se développe tranquillement. Je veux vraiment comprendre comment se construit l'imaginaire associé à la Gaspésie », explique-t-elle.

L'étudiante n'a toutefois pas encore de résultats, puisqu'elle a commencé son doctorat en septembre dernier.

Comme un emploi

Le doctorat en lettres est comme un emploi, affirme Andréanne R. Gagné, même s'il n'est souvent pas perçu comme tel. « Depuis quelque temps, quand les gens me demandent ce que je fais dans la vie, et que je leur réponds que je suis au doctorat en littérature, ils me demandent également ce que je fais d'autre. Comme si ce n'était pas assez. Alors je dois leur expliquer que je fais de la recherche en littérature, que c'est comme un travail et que je suis à temps plein là-dedans », raconte-t-elle.

Il faut en effet, selon elle, beaucoup de discipline pour se lancer dans un doctorat, en plus d'être complètement passionné par son sujet.

« Il faut vraiment aimer son sujet, mais on doit être discipliné. Il faut aussi l'aborder comme un travail, avec un horaire flexible, mais qu'on doit respecter. Il faut vraiment vouloir le faire », croit-elle.

L'étudiante conseille également d'avoir une vie bien équilibrée et de faire d'autres activités.

« Ce n'est pas juste lire»

L'avancement des connaissances en littérature est nécessaire, tout comme dans les autres domaines de recherche, et même si les connaissances sont différentes, l'importance est la même. Selon l'étudiante au doctorat en littérature à l'UQAC, Andréanne R. Gagné, même si ce n'est pas le même type d'études, les théories doivent aussi être retravaillées, dépassées ou améliorées.

« C'est peut-être plus abstrait, moins appliqué comme type de recherche, admet toutefois Mme Gagné. On n'a pas de cobayes, on ne travaille pas sur des animaux et il n'y a pas de chiffres. Et peut-être que dans la société en général on accorde un peu plus d'importance aux sciences fondamentales qu'aux arts et lettres. Mais c'est la même chose, c'est juste différent. En littérature, on cherche aussi à répondre à des questions, on le fait simplement en ne posant pas le problème de la même manière », explique l'étudiante.

En fait, les lettres viennent compléter les réponses amenées par les sciences plus appliquées, en abordant de nouveaux aspects du monde et en développant de nouvelles questions.

« Faire de la littérature, ce n'est pas juste lire. C'est plus que ça ! », croit-elle.

Selon elle, la littérature a sa place dans la société, parce que comme les sciences plus fondamentales, elle permet d'expliquer des choses qu'on ne comprend pas. « Ça nous permet de comprendre le monde, la société ou les choix qu'on fait d'une autre manière. J'ai l'impression que faire des études en lettres ou en arts, comme les études en sciences humaines et sociales, nous permet d'être conscients de ce qui construit la société », mentionne-t-elle.

Ce n'est donc pas un domaine séparé du reste de l'expérience vécue par les personnes. Pour Mme Gagné, c'est tout le contraire. « À mon avis, l'une des meilleures façons de comprendre l'être humain est de lire, peu importe à quel moment le texte a été publié. On peut voir pourquoi, par exemple, il est important que les femmes prennent leur place, ou pourquoi on doit comprendre l'autre. C'est parce que c'est ce qui est exposé dans les livres. Ce sont des êtres humains qui écrivent ! », poursuit-elle.

« Les gens se demandent souvent pourquoi la littérature est utile et à quoi elle sert. Pour leur répondre, je trouve qu'il y a une citation du Petit Prince qui est vraiment géniale : "C'est véritablement utile, puisque c'est joli" », conclut Mme Gagné.




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