Trente jours d'abstinence

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Myriam Bouchard
Le Quotidien

CHRONIQUE / Qui l'eut cru ? J'ai réussi ! Je n'ai pas fait preuve d'abstinence pendant 28 jours, mais bien 30 ! Toute une galère dans laquelle je me suis impliquée en m'abstenant de toute consommation d'alcool tout au long du mois de février pour la bonne cause. Celle que supporte la Fondation Jean Lapointe, visant la sensibilisation des adolescents vis-à-vis les risques de la consommation d'alcool et de drogues.

En toute honnêteté, bien sûr que je me suis privée d'eau de vie pour ça, pour du moins mon ado, pour aussi montrer l'exemple en tant que professionnelle de la santé, mais encore plus pour moi ! 

À quand remontait mon dernier congé d'alcool ? Mon bébé a quasi neuf ans, faites le calcul ! Autrement, il y a eu un traitement d'antibiotiques ici et là, deux chirurgies me clouant quelques jours au lit, mais sinon, rien ne justifiant une pareille trêve. « Allais-je être capable », voilà ce qui a constitué ma plus grande anxiété de janvier. 

Es-tu alcoolique Myriam ? 

Bien franchement, je me suis posé la question ! Ayant l'habitude de prendre un petit verre pour me détendre, parce que c'est vendredi, que je soupe au resto, que je veille entre amies, qu'on mange du spaghetti, j'ai réellement pensé que ma vie deviendrait une possible calamité ! 

En tenant compte du fait qu'Éduc'alcool prône au maximum 10 verres par semaine chez la femme, je me confesse d'avoir utilisé comme prétexte mes 5'10 et mes 170 livres pour justifier quelques dépassements, lors de grandes occasions. Ceci dit, j'ai eu peur pour rien. Bien que j'aie grafigné un peu certains week-ends, j'ai rapidement apprécié ma sobriété tout en voyant mon niveau de plaisir maintenu. 

Mon corps m'a dit merci

Oui, en m'offrant de belles nuits ! Fini de sombrer dans un sommeil immédiat, quelques coupes aidant, pour ensuite me réveiller deux heures plus tard pour faire le « tournis » jusqu'à l'aube ! Finies ces céphalées matinales dues à mon manque de régularité entre le chevauchement du verre d'eau et du petit drink. Fini d'être à la merci d'un foie n'obtempérant pas nécessairement ! Et que dire de ma régularité ? Sans crier à l'intolérance au gluten, trop de houblon, c'est trop ! 

Les autres m'ont énervée

D'abord parce que ce n'est pas tous qui ont compris les raisons de ma démarche. Me faire juger comme une vieille ivrogne ou me faire féliciter pour ma prise en charge face à ma supposée dépendance m'a irritée un tant soit peu. Je ne suis pas cette femme qui boit, tel que l'a incarnée Élise Guilbault au cinéma dans ce film du même nom. 

Et que dire de ceux qui boivent quand moi je suis abstinente. À vol d'oiseau, j'ai pu constater ce dont j'ai l'air, possiblement à l'image de mes comparses, quand je deviens un brin pompette. Ricanements incessants, décibels s'aggravant, effluves croissants d'affection, capacité de refaire le monde octroyant, voilà de quoi rendre n'importe quel moine de la bouteille irrité. Un bon exemple d'autocritique que cette mensualité. 

Ma prise de conscience

Je n'entrevois pas ce post-armistice-boisson-versus-Myriam comme étant une fin en soi, mais plutôt comme un début. Un commencement où ma consommation se verra dorénavant plus réfléchie. Boire pour boire, pour un oui ou non, consommation après consommation, c'est terminé. Je trinquerai désormais seulement par envie en prenant soin de me questionner, gorgée après gorgée, si mon désir est toujours là. Puisque plaisir rime aussi avec modération, probablement que ce dernier s'en verra optimisé. À votre santé !




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