Les voeux de Mgr Rivest pour 2017

Monseigneur André Rivest... (Archives Le Quotidien, Yohann Gasse)

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Monseigneur André Rivest

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Le Quotidien

CHRONIQUE ÉGLISE / Au cours du mois de janvier, Mgr André Rivest a participé à des rencontres d'échanges de voeux avec la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean, à Saint-Félicien, Alma, La Baie et Jonquière. Voici ses voeux pour l'année 2017.

Je vous avoue que c'est avec un certain pincement de coeur que j'ai entrepris l'année 2017. Dans mon calendrier personnel de vie, 2017 sera l'année de ma retraite comme évêque responsable du diocèse de Chicoutimi qui est au Lac-Saint-Jean et au Saguenay. Soyez sans crainte: un évêque, comme un prêtre ou un diacre permanent, ça ne prend normalement pas de retraite. Le sacrement de l'Ordre imprime en nous un caractère indélébile qui nous lie au Christ jusqu'à notre dernier souffle. Évidemment, en raison de l'âge ou de l'état de santé, on peut être déchargé de nos responsabilités. Mais on demeure toujours en état de service. Quand on regarde partout dans les communautés paroissiales de notre diocèse, il y a des prêtres âgés qui assurent aux équipes pastorales de votre unité une présence et un soutien, en particulier pour que l'Eucharistie, si essentielle, vous soit offerte le plus souvent possible.

Dans mon cas, après la fin d'avril, et quand l'heure de la retraite aura sonné, je veux suivre leur exemple et continuer à vous servir, là où mon successeur le souhaitera.

Quand je pense aux voeux que je souhaite vous offrir, il y a un mot qui me revient sans cesse: c'est le mot «harmonie». Harmonie dans nos relations entre nous. Il me semble que ça découle tout naturellement de l'image que Dieu se fait du lien qu'il veut entretenir avec nous. Il nous considère comme ses amis: ça nous dit quelle place précieuse nous tenons dans son coeur. On le sait: dans nos relations, il n'y a rien de plus précieux que l'amitié. Il y a toutes sortes de relations qui existent entre nous, mais nos relations d'amitié, c'est le summum. Et c'est tellement important pour Dieu, qu'il souhaite que nos relations entre nous prennent la couleur de la relation qui existe entre lui et nous, entre nous et lui. Ce que Jésus nous demande, c'est de nous aimer les uns les autres.

Il n'est pas possible d'être ami avec tout le monde. L'amitié véritable avec ce que ça suppose de proximité, de mutualité, de réciprocité, d'aptitudes au don et au pardon, ne peut se vivre avec plusieurs personnes, mais seulement avec quelques-unes. Cela ne veut pas dire cependant qu'on ne peut pas s'y approcher dans nos relations à l'intérieur d'une paroisse. D'ailleurs, un groupe de paroissiens et de paroissiennes ne peuvent prétendre porter le nom de «communauté chrétienne» s'il y a plein de chicanes, de mesquineries entre eux. Autrement dit, s'il n'y a pas d'harmonie.

Je reviens au mot «harmonie». Qu'est-ce que je veux dire par là? Il y avait une fanfare au collège où j'étudiais; on l'appelait l'Harmonie du Collège de l'Assomption. Elle comprenait des trompettes, saxophones, flûtes, clairons, des tambours. Il y avait un tambour major qui donnait le pas et les porte-drapeaux. Chaque instrumentiste avait sa part à apporter et le son de son instrument se fondait avec celui des autres joueurs. L'Harmonie portait bien son nom. Ce jour-là, il manquait un porte-drapeau. Comme je ne connaissais rien à la musique et, encore moins, capable de jouer d'un instrument, on m'a choisi pour porter un des drapeaux. Ce fut le début et la fin de ma carrière musicale! Il paraît que j'étais le seul à avoir le pas... On ne m'a jamais redemandé!

J'ai compris alors deux choses: la première, c'est que pour collaborer à l'harmonie d'un ensemble et construire un projet harmonieux, il ne faut pas être le seul à avoir le pas. La deuxième, c'est que, pour participer à un projet commun, il faut apporter les talents qu'on a et ne pas attendre d'avoir l'assurance qu'on a tous les talents. Le clairon n'est pas le tambour, mais, en cherchant à s'harmoniser avec les autres, il contribue au bien de l'ensemble.

Je fais le voeu qu'à travers l'ensemble du diocèse, par nos relations harmonieuses entre paroissiens et paroissiennes, entre instances diocésaines et locales, entre membres des équipes pastorales et entre membres des équipes locales d'animation, on progresse dans le projet de devenir une Église plus missionnaire, plus engagée à devenir disciple du Christ. Avec la santé, bonne, heureuse et sainte année 2017.

André Rivest, Évêque du diocèse de Chicoutimi




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