Le véritable bonheur pour 2017

CHRONIQUE / «La consommation responsable, c'est de la bullshit qui entrave les... (123rf)

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Nicole Huybens
Le Quotidien

CHRONIQUE / «La consommation responsable, c'est de la bullshit qui entrave les entrepreneurs dans leur rôle de créateurs de richesses», a dit un étudiant à un de mes collègues. Si la richesse de la société de consommation est l'image du bonheur et même du bien, on ne peut rien dire à cela. Si la richesse se mesure aux dollars que l'on dépense, une consommation responsable est une aberration et une carte de crédit remboursée tous les mois aussi.

Les lois sur l'environnement, les lois sur le travail, les lois sur la salubrité des aliments, pour ne citer que celles-là, sont alors aussi «une entrave» à la création de richesses... Quoique... Ceux qui gagnent leur vie en inventant des procédés de fabrication moins polluants ne seront évidemment pas de cet avis.

L'économie est devenue un tsunami qui balaie tout sur son passage et laisse derrière elle des montagnes de déchets d'une partie de la population mondiale riche et privilégiée alors qu'une autre partie croupit dans la misère. Outre la pollution du monde, des espèces en voie de disparition, un air irrespirable, des mers qui s'acidifient, la surconsommation nous laisse en plus un vide intérieur que nous tentons de combler en achetant plus encore, en donnant encore plus de place à l'économie et donc, en accentuant le problème.

Pourtant on sait bien, au fond de nous, que le bonheur et le bien-être ne se résument pas à un nombre élevé de 0 derrière un autre chiffre dans un compte en banque. Changer de téléphone tous les ans, de voiture souvent, acheter mille objets qui encombrent les garde-robes et les armoires de cuisine, être à l'affût et faire la file pour s'acheter la dernière version d'une bébelle électronique donnent-ils tant de sens à la vie que l'on puisse exclusivement se motiver pour cela? On dirait...

Peut-être que nous ne savons pas nous centrer sur autre chose? Nous avons oublié comment faire, nous avons perdu tant d'autres compétences en inventant la société de consommation. Ça doit être ça... «Les» affaires sont devenues les «vraies affaires». Le reste, ce sont des élucubrations d'un autre temps qu'il faut s'empresser d'oublier pour ne pas perdre le «sens des affaires», tant pis si ainsi on perd le sens de la vie.

Consommation et bonheur

Cependant la richesse, c'est seulement la richesse. Et si être vraiment pauvre est très souvent une entrave au bonheur, être riche ne le garantit en rien. Et évidemment, je ne fais pas un plaidoyer pour la pauvreté ni pour la misère, je ne m'insurge pas contre les ventes de janvier et je ne peste pas contre le capitalisme. Je veux juste faire la différence entre la consommation et le bonheur. Être heureux est un état d'esprit, un plein intérieur qui fait gonfler le coeur et voir la beauté du monde, parfois pour un instant fugace, parfois comme une paix présente malgré les soubresauts de la vie. En 2017, j'aimerais que l'on s'occupe plus du bonheur que de la richesse, plus des autres, plus de la nature, plus de la paix intérieure que des tentations toujours renouvelées des circulaires, même en ce mois des super rabais et autres «ventes finales». On peut tous le faire. On pourrait par exemple se fixer comme objectif de toujours être capable de rembourser sa carte de crédit à la fin de chaque mois. S'occuper plus de sourire à la vie même si c'est en portant le manteau de l'année dernière...

qui d'ailleurs n'a pas un bouton décousu tant on l'a peu mis, on ne peut même pas appeler ça un défi. À côté de la santé, c'est ce bonheur que je vous souhaite en 2017, celui qui donne la paix de l'âme, celui dont nous avons tant besoin pour changer le monde.

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