Une précieuse relique à Mashteuiatsh

L'évêque du diocèse, Mgr André Rivest, a pris... (Photo courtoisie, Pierre Gill)

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L'évêque du diocèse, Mgr André Rivest, a pris la pose avec Alain Lapierre, président de la fabrique de la paroisse de Ste-Kateri-Tekakwitha de Mashteuiatsh.

Photo courtoisie, Pierre Gill

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Le Quotidien

CHRONIQUE ÉGLISE / Le 19 novembre dernier, la communauté de Mashteuiatsh était réunie très nombreuse pour accueillir le reliquaire de sainte Kateri Tekakwitha dans l'église qui lui est dédiée. La précieuse relique, qui était conservée à l'évêché depuis plusieurs années, a alors été donnée à cette paroisse lors d'une célébration présidée par l'évêque du diocèse, Mgr André Rivest.

Née en 1656, d'une Algonquine chrétienne et d'un guerrier agnier d'Ossernenon, aujourd'hui Auriesville (New York), devenue orpheline en 1660, baptisée en 1676, Kateri Tekakwitha a dû se réfugier à l'automne de 1677 à l'a Mission Saint-Français-Xavier établie sur la rive sud du Saint-Laurent, face à Montréal. Elle y décéda le mercredi saint, 17 avril 1680, et son corps fut d'abord inhumé dans le cimetière de la Mission puis, après quelques déplacements, à Caughnawaga où ses restes logèrent tantôt à l'église tantôt dans la résidence des missionnaires.

En 1756, une partie des restes de Kateri a été remise à la Mission Saint-François-Régis, fondée par les Jésuites sur le territoire du diocèse de Valleyfield. Mais un incendie consuma l'église et du même coup les reliques qui s'y trouvaient. Enfin, le 1er novembre 1972, ce qui restait des ossements de la Bienheureuse, conservés jusqu'alors dans la résidence des Jésuites à Caughnawaga, a été déposé dans «un tombeau neuf» à l'intérieur de l'église de cette Mission.

La relique trouvée à l'évêché

La relique qui vient d'être remise à la paroisse Ste-Kateri-Tekakwitha de Mashteuiatsh a été trouvée à la fin des années 1970 par l'abbé Jean-Philippe Blackburn, dans une section des archives de l'évêché. Un événement d'importance, puisque des reliques de la Bienheureuse sont très rares en dehors de celles vénérées dans l'église Saint-Français-Xavier de Caughnawaga.

Sur l'enveloppe qui protégeait la relique, ces mots écrits de la main du Chanoine F.-X.-Eugène Frenette, archiviste à l'évêché de Chicoutimi de 1893 à 1943: «Relique de Catherine Tekakwitha, Iroquoise». À l'intérieur de l'enveloppe, on a trouvé l'identification suivante: «Image et relique de la Vierge Catherine Tekakwitha iroquoise morte en odeur de sainteté au village Sault Saint-Louis, P.Q., le 17 avril 1680. Donnée par le Père V. Burtin, miss., o.rn.i», (qui a exercé son ministère à Caughnawaga (Sault-Saint-Louis) de 1855 à 1892).

Il n'est pas étonnant que cette relique se soit retrouvée à l'évêché de Chicoutimi. Le premier évêque diocèse, Mgr Racine, était originaire de Lorettteville dont les débuts se confondent avec les origines de la mission huronne de Lorette (1676). On comprendra l'intérêt qu'il portait à celle que l'on surnommait le Lys des Aqniers, et dont la réputation de sainteté était répandue parmi les diverses familles amérindiennes. On peut dès lors saisir les raisons qui, en 1885, ont motivé Mgr Dominique Racine et son frère, Mgr Antoine, premier évêque de Sherbrooke, de demander au pape d'introduire la cause de canonisation de Kateri qui allait être béatifiée en 1980 et canonisée en 2012.

Lors de la célébration préparée par l'équipe de la paroisse Ste-Kateri-Tekawitha, c'est ainsi que l'on a expliqué le sens de cette relique pour la communauté: «Mgr Rivest accepte de confier ce reliquaire à notre communauté pour que nous, membres des Premières Nations, nous puissions faire connaître et aimer cette sainte qui est l'une des nôtres puisqu'elle est la première sainte autochtone».

La cérémonie a fourni l'occasion de prier pour les guides spirituels, en pensant aux Jésuites dont la piété a frappé la jeune Kateri; pour les communautés autochtones, afin qu'elles vivent leur foi dans l'esprit de leurs valeurs culturelles; pour la communauté de Mashteuiatsh, afin qu'elle cherche à vivre dans l'harmonie et la paix, à l'exemple de la sainte. Ont été apportés et offerts: Lys, pièce d'artisanat et banique (pain traditionnel des Innus).

Le reliquaire a été placé bien en vue dans l'église de la paroisse où la population peut vénérer la précieuse relique de sainte Kateri Tekakwitha.

Jacques Bouchard

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