Un lac-à-l'épaule pour l'UQAC

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Marc-Urbain Proulx
Le Quotidien

(Marc-Urbain Proulx) - CHRONIQUE / Dans le processus de renouvellement éventuel de son mandat, le désistement récent du recteur actuel semble, pour l'instant, réduire la turbulence à l'UQAC. Ce qui à l'évidence ne modifie pas ou peu le climat de travail bien détérioré qui fut largement illustré par les sondages des syndicats et les constats des comités. Si la course au rectorat qui s'engage génère une certaine effervescence, la majorité des problèmes vécus par l'institution universitaire ne se règleront pas par la magie d'un nouveau recteur ou rectrice.

Les véritables solutions nécessaires résident entre les mains de l'ensemble des ressources humaines qui composent l'UQAC. Ce sont elles qui, de premier chef, doivent être consultées et mobilisées pour remettre cette institution sur ses rails.

En mode d'écoute un peu partout dans les officines, je note avec bonheur le fort volontarisme du personnel. Ce qui représente une grande force pour l'UQAC. Volontarisme individuel actuellement replié sur les diverses tâches quotidiennes effectuées avec efficacité, mais sans enthousiasme, sans passion. Selon les témoignages recueillis, la motivation est à son plus bas niveau. L'UQAC s'avère clairement en manque de leadership, d'engagement collectif et de synergie institutionnelle. En ce sens, cette institution motrice du développement régional nécessite actuellement un gros Lac-à-l'épaule bien organisé pour interpeler les divers et multiples enjeux, autour de trois axes.

Il faut d'abord constater la vive concurrence entre les universités québécoises pour inscrire les étudiants qui sont présents dans l'aire de rayonnement de l'UQAC. L'un des enjeux à cet égard concerne l'essentielle préservation de la valeur élevée des diplômes obtenus par nos étudiants en voie d'être perçus comme de simples clients. Première mission de l'UQAC, l'enseignement universitaire est actuellement soumis à toutes sortes de contraintes et de limites, tandis que s'offrent des occasions pédagogiques à saisir. En cette ère de rapides changements économiques et sociaux, des expertises pointues deviennent plus que jamais nécessaires au sein de la périphérie nordique dont le taux de diplomation universitaire a doublé au cours des deux dernières décennies pour atteindre 18 %. Puisque ce taux se situe à 29 % pour le Québec, il reste un potentiel à exploiter.

Dans cet esprit d'expertises pointues, se présentent aussi à l'UQAC des menaces aucunement voilées sur les acquis en matière de recherche scientifique. La recherche fondamentale, la recherche appliquée et la R et D (recherche - développement) ont atteint un très haut niveau d'excellence au cours des dernières décennies, et ce dans une diversité de spécialisations. Ces précieux acquis sont fragiles, en recul dans certains cas. De l'avis général, la défense vigoureuse des intérêts de l'UQAC s'avère à l'ordre du jour. Il serait souhaitable que l'on réfléchisse à son repositionnement qui doit inévitablement, mais non exclusivement, être effectué en regard des besoins et des spécificités du territoire de rayonnement de cette université. La diversification économique du Québec nordique passe par des gains d'expertise dans de nouvelles niches pour lesquelles les universités et les collèges ont un rôle de premier plan à jouer, y compris l'UQAC évidemment. Les chercheurs pourraient être interpelés à cet effet.

La gestion de l'institution devrait aussi être au coeur de la réflexion collective lors du gros Lac-à-l'épaule nécessaire à l'UQAC. Des efforts de réorganisation furent effectués récemment en causant une insatisfaction généralisée qui invite à d'autres changements importants, sans perdre les gains obtenus. Des postes de direction seront à combler avec le personnel actuellement qualifié. À l'instar des autres constituantes de l'Université du Québec, l'UQAC est une organisation fondamentalement décentralisée. Les communications s'effectuent en principe du bas vers le haut, avant la descente des directives en respect des instances. Au travers, la réorganisation en cours à l'aune de l'efficacité, les vertus bien démontrées de cette modalité de gestion « ascendante », doivent être préservées, voire réinventées. Il s'agit d'un impératif minimal à la mobilisation des ressources humaines, à la réappropriation des fonctions, aux synergies institutionnelles et au fonctionnement optimal de l'UQAC.

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