Idéalisation des animaux de refuge

Un chien abandonné dans un refuge.... (Archives AFP)

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Un chien abandonné dans un refuge.

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Mélissa Viau
Le Quotidien

CHRONIQUE / À la suite d'un texte que j'ai publié dans l'édition du journal Progrès-Dimanche du 20 novembre dernier, en lien avec le vedettariat qu'on fait des animaux afin favoriser leur adoption, j'ai reçu quelques réactions négatives.

Les frustrations étaient principalement reliées à un commentaire d'adoptant qui me disait qu'il n'allait plus jamais adopter de chien adulte dans un refuge. On dirait bien que j'ai touché à une corde sensible, un tabou qu'on ne veut pas s'avouer.

Ce que je voulais soulever avec ce type de confidence, c'est que peu importe l'endroit qu'on choisit, pour adopter une bête, rien ne sera assurément parfait. Aucun animal, peu importe sa provenance, n'est à l'abri de la maladie, des mauvais comportements et des troubles mentaux. Je suis d'avis qu'il faut à tout prix démanteler les usines à chiens et c'est le devoir des citoyens de signaler ces endroits au 1844 ANIMAUX (264-6289). 

Au Québec, alors que jadis on méprisait les fourrières, maintenant on fait beaucoup de promotions pour inciter les gens à adopter dans ces lieux qu'on appelle désormais des refuges. Je suis d'accord. Mon dernier chien vient d'un refuge et j'utiliserai la même tactique pour adopter les prochains. C'est-à-dire que je me propose comme famille d'accueil temporaire pour encadrer un chien réagissant mal à la vie en chenil. Ainsi je peux évaluer le chien, l'entraîner au besoin et aider le refuge à trouver la famille idéale. Si le chien convient à ma vie, je l'adopterai. 

Choix éclairé

Certaines personnes me disent préférer adopter des chiots. D'autres, ayant moins de patience, préfèrent les chiens adultes. Mon rôle est d'informer la population pour que ces derniers puissent par la suite faire un choix éclairé. Quand un animal vient d'une usine à chiens, d'une animalerie, d'une bonne famille ou d'un propriétaire négligent, quand il arrive au refuge, on dirait que sa provenance n'a plus d'importance. 

Je comprends qu'on idéalise les refuges pour inciter les gens à adopter dans ces endroits, mais ne les gardons pas dans l'ignorance. Ces endroits sont populaires présentement et c'est tant mieux. C'est très noble comme vocation. On peut ainsi freiner les euthanasies, grâce à des gens prêts à s'investir pour donner un environnement adéquat à ces bêtes. Avouons tout de même que ce n'est pas juste des animaux faciles qu'on y accueille. De belles histoires, j'en ai entendues autant que des histoires moches. Un chien parfait pendant deux ou trois mois et qui se change en monstre au premier sandwich tombé par terre, ce n'est pas un cas isolé... Loin de moi l'idée d'apeurer la population, mais la prudence est de mise quand on intègre un chien adulte dans sa maison.

Dans ce texte du 20 novembre, je disais aussi que les chiens de refuge avaient un passé nébuleux. Même s'ils sont parfaitement équilibrés, les chiens qu'on reconduit au refuge ont rarement une description juste de leur tempérament. C'est que les gens sont souvent maladroits pour décrire les comportements de leurs animaux, en plus de se sentir coupables de les confier à un refuge. Ils évitent donc quelques détails importants. 

Heureusement, plusieurs refuges et SPCA ont maintenant des aptitudes en comportement pour bien cerner les bêtes et faire des « matchs » parfaits avec des adoptants bien informés. Posez donc des questions pour vous assurer que les employés connaissent bien cet animal.

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