La SPCA Saguenay menacée

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Depuis deux ans, voulant maintenir en vie tous les chats qui y entrent, la SPCA Saguenay n'a jamais vu baisser le nombre de ses félins sous la barre des 100.

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Mélissa Viau
Le Quotidien

CHRONIQUE / La SPCA Saguenay a annoncé, lundi, qu'elle vit une période financière critique qui met en péril la poursuite de ses opérations.

Depuis deux ans, l'organisme a connu beaucoup de changements qui expliquent peut-être son instabilité. Tout a commencé à l'automne 2014 quand Sylvie Tremblay, en poste depuis 23 ans, a quitté ses fonctions de directrice générale et d'inspecteure. «J'étais fatiguée de me battre avec le conseil d'administration pour mon mode de gestion», soutient madame Tremblay, attristée d'apprendre le déclin de la SPCA. Cette discorde s'expliquerait par la vision du CA qui semblait plus grande que ses moyens.

Marypier Hudon-Thériault est alors entrée en poste comme directrice générale. La jeune technicienne en santé animale, âgée dans la vingtaine, venait de sortir de l'école avec un diplôme en administration des affaires, volet ressource humaine. Un an plus tard, un autre changement est survenu quand Mme Hudon-Thériault a quitté pour un congé de maternité. C'est alors Stéphanie Brassard qui l'a remplacée. Madame Hudon-Thériault vient tout juste de reprendre son poste et l'urgence d'agir lui fait craindre le pire.

Depuis deux ans, voulant maintenir en vie tous les chats qui y entrent, la SPCA Saguenay n'a jamais vu baisser le nombre de ses félins sous la barre des 100. L'endroit étant saturé, certains clients se retrouvent même devant l'impasse en se faisant refuser leur chat. Est-ce qu'on peut faire un lien avec l'augmentation des abandons en pleine nature? Garder autant de chats, dans un si petit espace, est presque inimaginable. Les odeurs et les maladies deviennent difficilement gérables, voire impossibles à contrôler. Comme les cages et l'espace manquent, certaines bêtes vivent dans des cages de transport. En encaissant les coûts pour vermifuger, stériliser et vacciner les animaux sortants, la SPCA a vu ses dépenses augmenter drastiquement. Le prix des animaux à adopter a alors suivi, au grand désarroi des clients. De plus, comme la SPCA ne pratique plus d'euthanasies, c'est maintenant un vétérinaire qui est payé pour ce genre d'intervention quand la situation l'oblige.

«La principale source de revenus provenant du paiement des licences de chiens tarde à entrer pour les secteurs de Lac-Kénogami et Shipshaw», explique Marypier Hudon-Theriault. Il faut donc conclure que la façon de gérer les médailles ne serait pas efficace.

Comme le nombre d'employés avait aussi doublé en deux ans, la SPCA a dû se résigner à faire des coupes de postes. Pour ce qui est de son mandat d'inspection, difficile de faire le travail avec si peu de budget.

Ce qu'on comprend dans cette dégringolade, c'est que les dévoués bénévoles, les employés et les membres du CA ont pris des décisions pour le bien-être des animaux, au détriment de la gestion.

Solutions

«À quelques jours d'une fermeture définitive, la SPCA sollicite la solidarité et l'appui financier des citoyens», stipule le communiqué de presse émis lundi.

Sachant combien la gestion est au coeur d'une entreprise, c'est là-dessus que la SPCA devrait se pencher.

Si on se tourne vers la très proactive SPCA de Montréal, on remarque que beaucoup de services se sont greffés au simple mandat d'adoption d'animaux. On retrouve un département d'enquêtes et d'inspections formé de six inspecteurs. Régulièrement, on offre des cliniques de stérilisation à la population. Des événements-bénéfices ont lieu pour permettre à la SPCA de Montréal de rayonner dans sa communauté, gagner la confiance des citoyens et ramasser de l'argent. C'est le cas du fameux gala Bêtes de mode, qui aura lieu le 10 novembre prochain. Avec cette soirée-bénéfice annuelle, les organisateurs prévoient recueillir 100 000$ pour aider la SPCA de Montréal.

Pour augmenter les entrées d'argent, on devrait revoir la formule des médailles en obligeant non seulement les propriétaires de chiens, mais aussi les propriétaires de chats à payer ce montant annuel de 25$. De plus, les inspecteurs de la SPCA devraient avoir plus de pouvoir pour appliquer les dispositions du Code criminel relatives aux crimes contre les animaux, ainsi que la législation provinciale en matière de protection animale, c'est-à-dire la Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal et le Règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens.

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