Pourquoi j'irai parler et écouter

Jean-Martin Aussant, Gabriel Nadeau-Dubois, Claire Bolduc et Maïtéˆe Labrecque-Saganash... (Achives La Presse, André Pichette)

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Jean-Martin Aussant, Gabriel Nadeau-Dubois, Claire Bolduc et Maïtéˆe Labrecque-Saganash lors du lancement de Faut qu'on se parle.

Achives La Presse, André Pichette

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Isabel Brochu

Isabel Brochu est chroniqueuse pour Le Quotidien.

Le Quotidien

CHRONIQUE / Claire Bolduc et Maïtée Labrecque-Saganash ont lancé le 28 septembre l'initiative Faut qu'on se parle en compagnie de trois collègues masculins: Alain Vadeboncoeur, Gabriel Nadeau-Dubois et Jean-Martin Aussant. Plusieurs textes ont été publiés pour encourager ou dénigrer l'initiative. S'y côtoient enthousiasme, cynisme et mépris. Certains sous-entendent qu'il est inutile de consulter le citoyen «ordinaire». Que pourrait-il nous apprendre? Les faire mentir est déjà une bonne raison de participer.

Deux membres de l'équipe seront à Saguenay le 13 octobre. Voici pourquoi j'irai parler et écouter.

On ne compte plus les consultations basées sur des intentions douteuses (informations tronquées, résultats pilotés, ingérence politique). De fait, une nouvelle initiative suscite d'abord la méfiance et porte le poids de la preuve. Ce n'est pas une excuse pour s'abstenir, mais une excellente raison de les investir en gardant une distance critique. On note aussi une grande confusion sur le concept de consultation. On confond consultation pour une politique sectorielle, audience publique environnementale, commission parlementaire, pétition, signature de registres. Certains considèrent un serrage de mains dans un festival et une discussion de coin de rue comme des consultations. Voilà qui en mène plusieurs à affirmer qu'il y en a «en masse». Tout serait dit, discuté, compris.

C'est faux. On ne se barre pas les pieds dans les tribunes populaires au municipal, régional ou provincial. De plus, le niveau d'aliénation citoyenne est alarmant (sentiment de ne pouvoir agir pour transformer la société, laisser les autres décider, regarder le monde de l'extérieur). Multiplions donc les occasions de faire des gains de participation citoyenne. Je dirai peut-être le contraire quand je verrai des gens camper le matin pour s'assurer une place dans une assemblée qui aborde des enjeux politiques. Nous n'en sommes pas là et même assez loin. Aucune consultation n'est parfaite. Faut qu'on se parle propose 10 questions. Aborder autant de sujets relève de l'exploit. Le développement des régions, qui m'intéresse particulièrement, prendrait une semaine de débats. Certains bloquent sur la question qui concerne l'indépendance et d'autres sur une tendance à gauche des contenus. Pourtant, plusieurs constats sont basés sur des faits. Libre à vous d'écarter certaines questions et de concentrer vos solutions sur les autres, qu'elles soient à gauche, à droite, au centre ou dans le champ. Autre point. Lorsqu'il y a une consultation ouverte comme celle-ci, un des réflexes est de pointer les sujets exclus. Ce fut le cas avec Faut qu'on se parle. On a déploré l'absence du féminisme, de la protection du français, les problèmes des personnes âgées, etc. Les groupes ont souvent tendance à défendre leur cause perçue comme «plus» prioritaire que les autres. Peut-être un indicateur de l'éclatement social et de notre difficulté à penser et agir avec les autres? Chercher et trouver un dénominateur commun n'est pas une mince affaire. Il est utile de rappeler qu'une tribune populaire permet de sortir de sa perspective pour favoriser l'idée du commun, pour aller vers notre monde. J'ai organisé et participé à plusieurs consultations. Le grand défi est de saisir la signification des commentaires qui choquent, brusquent des valeurs, semblent stupides. Comment nous permettent-ils de comprendre notre société? Il faut s'y confronter.

Le besoin de participer à ce type de tribune est plus fort que les critiques. Le comité de Faut qu'on se parle doit répondre à une forte demande (séances régionales et assemblées de cuisine). Le groupe diffusera les résultats à l'hiver 2017 et il sera possible de s'en inspirer librement. Plusieurs y voient un tremplin pour former un nouveau parti politique. Cela m'importe peu. Je participerai à cette rencontre de façon libre et éclairée, nullement dupe sur le potentiel de récupération de part et d'autre.

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