Maîtres insouciants et mal gérés

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La Ville de Montréal vient d'adopter un nouveau règlement sur les chiens dangereux comme les pitbulls.

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Mélissa Viau
Le Quotidien

CHRONIQUE / Quand un chien mord, on est obligé de le déclarer au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) afin de faire un suivi avec les services de la santé.

Le MAPAQ ordonne ensuite que le chien mordeur soit isolé 10 jours, chez lui ou ailleurs, pour écarter toute possibilité de rage. Si la famille ne reprend pas son chien, c'est la fourrière municipale qui décidera de son avenir.

Si la famille veut récupérer son animal, on se fiera à son bon jugement pour sécuriser les lieux. Malheureusement, plusieurs ne changeront rien dans l'environnement ou l'éducation du chien et la possibilité de récidive sera grande. Aucune amende, aucun encadrement, aucune restriction et aucune conséquence ne sont présentement envisagés pour un propriétaire ayant un chien potentiellement dangereux, toutes races confondues. Si un chien sème la terreur dans un quartier, des plaintes peuvent être formulées, mais rien n'empêchera la famille de garder son chien.

C'est pourquoi un projet de loi provincial sur la question des chiens dangereux sera prochainement déposé dans le but de diminuer les cas de morsures. Par la suite, les villes pourront décider d'aller plus loin dans leur réglementation, comme l'a fait prématurément la ville de Montréal. Mais encore faut-il que ce plan soit réaliste et faisable! À partir du 3 octobre prochain, les chiens de type pitbull (pitbull terrier américain, terrier américain du Staffordshire et bull-terrier du Staffordshire) seront interdits à Montréal. Ceux qui possèdent déjà ce type de chien devront aller chercher un permis spécial avant le 31 décembre 2016. «Si vous n'avez pas déposé votre demande avant le 31 décembre 2016, votre chien devient interdit sur le territoire de la ville de Montréal; il pourrait être capturé puis euthanasié», peut-on lire sur le site Internet de la Ville de Montréal http://ville.montreal.qc.ca/animaux/.

Huit inspecteurs ont été engagés pour faire respecter ce règlement et les contrevenants recevront des amendes de minimum 300$.

Ça se corse

L'idée de resserrer l'encadrement autour des animaux domestiques est bonne, mais le règlement que vient d'adopter Montréal concernant les pitbulls est maladroit et discriminatoire. Surtout quand on sait que les comportements d'un chien ne se justifient pas par sa race.

L'application de ce règlement sera pratiquement impossible à gérer puisqu'il est difficile, même pour les spécialistes, d'identifier les différents types de pitbulls, y compris tous les hybrides. Pour prouver qu'un chien sans papier d'enregistrement a du pitbull dans sa génétique, seule l'analyse d'ADN sera efficace. La gestion se compliquera, sans compter les frais.

Seulement deux entreprises au monde possèdent le brevet du test permettant d'analyser l'ADN du chien, moyennant environ 70$. Si la procédure pour prélever la salive de l'animal, qui peut être faite par n'importe qui, n'est pas respectée, les données seront faussées.

Est-ce pour rentabiliser la logistique de ce règlement anti-pitbull, qui risque d'être coûteux, que la Ville de Montréal a aussi adopté un nouveau règlement qui stipule que tous les propriétaires de chiens et de chats devront se procurer un permis?

Bien-être animal: seulement deux inspecteurs dans la région

Le Québec traite mal ses animaux. Pourtant, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) a mis sur pied un guide d'application du règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens qui compte plus de 65 pages.

Régulièrement, au grand bonheur des défenseurs d'animaux, ce guide s'alourdit de règlements, toujours dans le but de protéger nos animaux et d'assurer leur bien-être. Malgré tout, partout dans la province, par manque de ressources et de budgets, ces règlements sont difficiles à appliquer. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, nous avons seulement deux inspecteurs pour couvrir tout le territoire. Les plaintes s'accumulent, les dossiers stagnent et, la plupart du temps, les contrevenants arrivent à se défiler.

Même si on sait qu'un animal négligé, malade, errant ou maltraité aura beaucoup plus de chance d'avoir des comportements problématiques, les dossiers ne bougeront pas tant qu'un grave accident ou qu'un certain nombre de plaintes soient enregistrées. La population a donc le pouvoir de changer les choses en ayant le réflexe de dénoncer les cas de cruauté et de négligence animale.

Par exemple, avec le froid qui approche, on rappelle, à l'article 4, que la neige et la glace ne constituent pas une source d'eau potable répondant aux impératifs biologiques de l'animal. Pourtant, bon nombre de chiens au Québec auront droit à ce traitement encore cet hiver. Si on se tait, pour éviter des chicanes de voisins, c'est qu'on l'accepte.

Au chapitre de la cruauté animale, on vous suggère de porter plainte au MAPAQ au 1-844-ANIMAUX ou à la SPCA. L'inspecteur, qui ira s'assurer du bien-être de l'animal, pourra saisir l'animal ou donner un avertissement, selon du dossier. Il devra traiter le cas dans la plus grande confidentialité en protégeant à la fois le plaignant et le fautif. http://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Publications/Guide_reglement_chats_chiens.pdf

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