Saint squatteur, priez pour nous

  • Ces messages entre squatteurs se trouvaient sur une table dans le jubé, seul endroit balayé et gardé propre. (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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    Ces messages entre squatteurs se trouvaient sur une table dans le jubé, seul endroit balayé et gardé propre.

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  • Le jubé est le seul lieu entretenu par les squatteurs. (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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  • Il y avait même un siège pour bébé. (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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  • La scène est désolante. Le sol est jonché de détritus, les murs ont des graffittis, les portes sont défoncées. (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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    La scène est désolante. Le sol est jonché de détritus, les murs ont des graffittis, les portes sont défoncées.

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  • Un studio de musique avait été aménagé au rez-de-chaussée. Tout est aujourd'hui à l'abandon. (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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    Un studio de musique avait été aménagé au rez-de-chaussée. Tout est aujourd'hui à l'abandon.

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  • Malheureusement, le titre en une du<i> Progrès-Dimanche</i> du 21 février 2010 ne s'est pas concrétisé. Le journal était très bien conservé et se trouvait au milieu des déchets. (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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    Malheureusement, le titre en une du Progrès-Dimanche du 21 février 2010 ne s'est pas concrétisé. Le journal était très bien conservé et se trouvait au milieu des déchets.

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  • La vue qui s'offre à Saint Joachim a bien changé. (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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    La vue qui s'offre à Saint Joachim a bien changé.

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  • On a même trouvé une vieille crèche. (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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    On a même trouvé une vieille crèche.

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  • Cette salle était dans la noirceur totale à notre arrivée. C'est grâce au flash de l'appareil photo qu'on peut voir les disques sur le mur qui servaient de décoration pour le studio. Le projet initial était de loger les musiciens au sous-sol. (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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    Cette salle était dans la noirceur totale à notre arrivée. C'est grâce au flash de l'appareil photo qu'on peut voir les disques sur le mur qui servaient de décoration pour le studio. Le projet initial était de loger les musiciens au sous-sol.

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  • Un message assez équivoque dans un ancien lieu de culte. (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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    Un message assez équivoque dans un ancien lieu de culte.

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Pascal Girard
Le Quotidien

CHRONIQUE / La dernière fois où j'étais allé dans une église, c'était pour des funérailles. Ce n'était pas un vrai curé, mais l'église, elle, se montrait encore sous son beau jour.

Mercredi, pour le travail, je suis allé dans une église, mais qui est barricadée et qui sert de lieu de rassemblement pour des squatteurs. Des citoyens ont contacté les policiers de Saguenay mardi soir pour se plaindre du bruit qui émanait de l'ancienne église Saint-Joachim sur la rue Jolliet à Chicoutimi. Un policier s'est rendu sur place. Une fois à l'intérieur, il y a trouvé un oiseau mort, des seaux remplis d'urine et il a éteint des chandelles. Dans son rapport, il recommandait d'en avertir la Ville.

C'est avec ces informations que je suis allé rejoindre le photographe du journal, Rocket Lavoie, déjà sur place. Je voulais voir moi-même l'état des lieux. Première surprise. «On peut rentrer par une porte sur le côté, mais je t'attendais», m'a lancé Rocket. «As-tu une lampe de poche?», a-t-il enchaîné. C'est donc équipés de la fonction lampe de poche de mon téléphone cellulaire que nous avons pénétré dans l'église, par le sous-sol. On ne savait pas trop ce qu'on allait y trouver et on était un peu inquiets. On espérait être seuls.

Dans la noirceur

Évidemment, il faisait noir. Premier constat, la vitre de bouteilles de bière fracassées craquait constamment sous mes pieds. Les lieux étaient vides. Sur certains murs, des graffitis, dont un gros «Fuck you», assez peu à sa place dans une église. De salle en salle, on avançait en constatant l'état décrépit de l'endroit. Des vieux divans brisés, des portes défoncées. On a même trouvé une vieille crèche.

Au détour d'une autre porte, je remarque que je marche sur des vieux disques vinyles. Sur le mur, au fond, de nombreux disques sont installés en guise de décoration. C'est là qu'apparaît la seconde vocation manquée du lieu de culte. En 2010, Grégory Bonnier et Louis Moisan l'avaient achetée, pour 15 000$, pour en faire un studio d'enregistrement à l'image du célèbre Studio de Morin Heights qui a notamment accueilli le groupe The Police à ses belles années. Aujourd'hui le Studio est abandonné et délabré. Dans un sens, les deux studios ont en effet la même image...

Plus on avance dans le sous-sol, notre but demeure de trouver l'escalier qui mène au rez-de-chaussée. «Par ici Rocket, j'ai trouvé!»

Au bout de ces marches, la scène est frappante. Partis sont les bancs d'église. En leur place, le sol est jonché de détritus, de vieux disques, de linge. Il y a même un siège pour bébé. S'ils pouvaient parler, les portraits des saints sur les murs se désoleraient.

Au travers des déchets, comme par magie, je trouve au sol une copie intacte du Progrès-Dimanche du 21 février 2010. Sauvée par la musique. Le titre est frappant et démontre l'échec de l'opération.

Un message entre squatteurs

Après que Rocket ait pris plusieurs photos, nous sommes montés dans le jubé. Étonnamment, c'est la seule pièce qui est propre. Un balai est accoté sur le mur et visiblement il venait d'être utilisé. Sur les divans était dessiné le logo des anarchistes. Sur la table étaient disposés des messages à l'intention d'autres squatteurs. «On veut pas se battre, juste parler avec toi et que tu nous laisses une petite place», dit notamment le message inscrit au feutre vert sur une feuille 8,5 par 11.

De retour au journal, j'ai essayé de contacter un des propriétaires. Je n'ai pas eu de réponse. J'ai appelé le conseiller municipal Jacques Cleary, un peu étonné de voir que le dossier refaisait surface. «Je suis passé vendredi dernier et ça semblait bien barricadé.» Il m'a dit d'appeler le directeur de l'arrondissement. André Martin m'a soulevé que l'endroit avait peut-être changé de mains récemment. En fouillant dans nos archives, j'ai vu qu'en 2014 Louis Moisan essayait en effet de vendre sa propriété. Pour ce qui est de l'accès à la bâtisse, le directeur d'arrondissement m'a assuré qu'il allait s'en occuper aujourd'hui et bien barricader l'endroit. Pas sûr qu'il va garder une petite place aux auteurs du message...

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    Un message assez équivoque dans un ancien lieu de culte.