Droit de vote

CHRONIQUE / La dernière fois que je ne suis pas allé voter, c'était en 1977,... (Archives Le Quotidien)

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Normand Boivin
Le Quotidien

CHRONIQUE / La dernière fois que je ne suis pas allé voter, c'était en 1977, aux élections municipales. J'avais eu 18 ans au cours de l'été, mais j'avais omis de m'inscrire sur la liste électorale dans les délais. J'étais vraiment déçu et frustré, moi qui avais tellement hâte de faire «mon devoir de citoyen», d'autant plus que le futur étudiant en science politique que j'étais travaillait pour l'organisation d'un candidat à l'échevinage, feu le journaliste Martin Tremblay, pour ne pas le nommer.

Pendant tout ce beau dimanche de novembre, jour du vote où le coloré Henri Girard avait été reporté au pouvoir, j'avais transporté dans ma voiture des personnes âgées qui, selon les pointages de l'organisation, votaient pour notre homme, sans avoir moi-même le privilège et le plaisir de mettre ma petite croix dans l'isoloir.

Depuis, je n'avais jamais manqué un scrutin. Que ce soit dans Louis-Hébert, du temps de mes études à l'université Laval ou Chicoutimi, j'ai toujours voté. Même aux élections scolaires! Deux fois seulement cependant. Que voulez-vous, on ne peut être parfait.

Mais mon sans-faute a pris fin abruptement le 11 avril. Parce qu'en cette ère du numérique, où le journal, la radio et la télé locale peuvent nous suivre jusqu'au bout du monde, et où on peut envoyer des selfies à sa famille à partir d'un bateau de croisière dans le milieu de la mer des Caraïbes, on ne peut voter à distance.

Internet

Ayant quitté la région le 25 mars pour trois semaines, j'étais sept jours trop tôt pour le vote par anticipation. Et pour les citoyens à l'extérieur du Québec, la seule offre du Directeur général des élections était de s'inscrire pour le vote par la poste à partir d'une adresse fixe. Pas pratique quand on est en voyage ailleurs que dans un condo en Floride.

Au bureau du DGE, on me répond qu'on est préoccupé par cette question. Qu'on met tout en oeuvre pour faciliter l'exercice du vote aux citoyens.

Sa porte-parole ajoute que dans mon cas, la solution aurait été de m'inscrire au vote postal, même si je n'ai pas une adresse fixe comme un snowbird et que je suis en déplacement. «Par exemple, si vous prévoyez coucher dans un hôtel à une date précise, on peut même l'y acheminer», me dit Alexandra.

On convient cependant que c'est compliqué et qu'on risque de se manquer. Qu'Internet serait plus pratique. «On s'y intéresse, ajoute-t-elle, mais tout en gardant en tête l'importance d'assurer la sécurité et la confidentialité du vote.» Il y a donc encore de l'espoir.

Fondamental

Car à mon sens, il s'agit d'une question démocratique fondamentale. Avec les moyens mis à notre disposition aujourd'hui, on n'a aucune excuse pour priver un citoyen de son droit de vote. Sinon, on ouvre la porte à toutes les manoeuvres. Vous ne voulez pas du vote des étudiants, car ce n'est pas votre clientèle politique? Tenez le scrutin en septembre, quand ils viennent de déménager pour leurs études et qu'ils ne sont pas encore bien établis. Vous ne voulez pas des boomers? Faites-le à l'automne, quand ils partent pour le Sud.

En voyage, je pouvais payer mes comptes avec mon téléphone cellulaire, et même programmer mon enregistreur numérique de Vidéotron à la maison. Qu'on ne me fasse pas croire que je n'aurais pas pu voter si le DGE m'avait remis un NIP pour accéder à un site.

Un détail, direz-vous? Je vous répondrai que lorsqu'on affiche un taux de participation de 40% à un scrutin, comme ce fut le cas de la partielle à Chicoutimi, chaque vote compte. Et si vous voulez mon avis de paranoïaque, il ne faut laisser aucune chance au politique de jouer avec les taux de participation.

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