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ANALYSE / En ce surlendemain de la mort de la pionnière Claire Kirkland... (Archives Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Archives Le Quotidien, Michel Tremblay

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Normand Boivin
Le Quotidien

ANALYSE / En ce surlendemain de la mort de la pionnière Claire Kirkland Casgrain, alors que Chicoutimi s'apprête, selon toutes vraisemblances, à envoyer une femme à l'Assemblée nationale, finira-t-on par avoir droit à une vraie campagne? Alors que nous avons fait la moitié du chemin qui nous sépare du scrutin du 11 avril, on attend toujours de connaître le programme qui séduira l'électorat.

Les candidats défilent avec les chefs, serrent des mains, mais pour le contenu, on repassera. Cette stratégie du je-me-cache-pour-ne-pas-faire-de-gaffe, on la voit malheureusement de plus en plus.

On essaie de mener une campagne d'image en en disant le moins possible. C'est vrai qu'avec les réseaux sociaux, tout faux pas prend des proportions incontrôlables.

Dans les médias traditionnels, elle fera la une du lendemain, passera aux bulletins de nouvelles puis tombera dans l'oubli. Avec les Facebook de ce monde, le clip risque de devenir viral et hanter le reste de la campagne.

Imaginez! Elles sont réduites au minimum prescrit par la loi, 33 jours, et chacun passe les deux premières semaines à s'observer.

Québec solidaire est le moins discret. Le parti n'a rien à perdre et profite de cette rare tribune qui lui est offerte pour marteler son message, même s'il est à contre-courant. Ainsi, on ne rebute pas à utiliser le thème de l'environnement en s'opposant au projet d'un deuxième pont sur le Saguenay et, dans une région assoiffée d'emplois, tout projet de développement économique reposant sur les énergies fossiles comme l'usine de liquéfaction de gaz naturel au port de Grande-Anse. Quand on a le courage de ses idées...

La Coalition avenir Québec, qui a elle aussi tout à gagner dans Chicoutimi, met le paquet pour supporter sa candidate Hélène Girard en faisant défiler ses vedettes, mais on est encore au niveau de la critique des politiques libérales. Rien encore de concret pour apporter les solutions. On critique le sous-financement en santé, mais on ne dit pas où un gouvernement de la CAQ trouverait l'argent.

Les péquistes ont choisi le projet avorté du bloc cellulaire pour lancer une première salve cette semaine. Le député Sylvain Gaudreault a fait une passe sur la palette à Mireille Jean qui a interpellé son adversaire libérale sur cet épineux dossier que le premier ministre a déjà enterré.

Toutefois, comme celle des libéraux, la campagne du PQ s'est surtout limitée à des sourires et des poignées de mains et à une profession de foi entrepreneuriale tout en misant sur les qualités de femmes d'affaires des deux candidates pour séduire l'électorat. C'est quoi cette manie de dire que si on est élu (e) on va favoriser le développement économique? Peut-on être plus vague? J'aimerais bien entendre un candidat dire qu'il empêchera le développement économique s'il est élu. Pourquoi ne pas se prononcer pour la tarte aux pommes tant qu'à y être? On ne veut pas savoir ce que tu veux faire. On veut savoir comment tu vas le faire. Là-dessus, on attend encore, même si les deux principales belligérantes ont commencé à dévoiler leurs principaux thèmes vendredi. Des projets municipaux pour Mme Gobeil, et la santé pour Mme Jean, qui était accompagnée de la critique péquiste en cette matière, Diane Lamarre.

Est-ce que cela risque de changer? Avec le sondage paru vendredi qui place le PLQ à six points des péquistes, légèrement plus que le résultat des élections de mai 2014, on peut s'attendre à un changement de ton chez les libéraux au cours des prochains jours. Ces derniers, qui ont perdu le contrôle de l'agenda qu'ils avaient eux-mêmes imposé en décidant de la date des élections en raison de l'affaire Normandeau, vont tenter de reprendre le rythme. Ils devront imposer leurs thèmes au lieu de subir les attaques provenant du PQ, de la CAQ et de Québec solidaire.

Que fera la prochaine députée de Chicoutimi pour stopper la centralisation de la fonction publique vers Québec, pour assurer la pérennité de l'UQAC et de ses chaires de recherches, notamment l'aluminium, maintenir les emplois de l'industrie forestière et chez Rio Tinto qui vide non seulement ses usines de ses employés, mais aussi de ses sous-traitants? Oui, ce sont des dossiers qui débordent Chicoutimi. Mais la métropole économique et culturelle ne peut respirer si la région étouffe.

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