La recherche au service du français

La professeure Pascale Thériault sera au colloque de... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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La professeure Pascale Thériault sera au colloque de l'AQEP avec des collègues de l'UQAC.

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PAGE UQAC / L'Association québécoise des enseignantes et enseignants du primaire (AQEP) présente pour une première fois en région un colloque, sur le thème des pratiques inspirantes en français, le 9 avril à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Voici un aperçu des travaux de trois des chercheurs de l'institution qui y participent.

Pascale Thériault: le plaisir d'écrire

En général, le lien entre plaisir et lecture vient naturellement. Mais qu'en est-il pour l'écriture?

«À l'école, on associe souvent écriture avec évaluation ou qualité d'orthographe. Or, c'est un processus beaucoup plus complexe, qui demande la capacité de générer des idées, de structurer son texte et d'avoir une intention réelle de communiquer. Quand on fait le test aux élèves de tenir un journal où ils écrivent régulièrement, sans être toujours évalués, on observe qu'ils y prennent goût et qu'ils deviennent de meilleurs scripteurs», résume la professeure de l'UQAC Pascale Thériault, spécialisée en apprentissage de la lecture et de l'écriture.

Plus encore, les projets proposés aux jeunes doivent «avoir du sens», leur donner envie de s'engager, précise celle qui réfléchit à la transformation des pratiques d'enseignement du français. Sensible à l'apport des nouvelles technologies, Mme Thériault présente lors du colloque de l'AQEP un atelier sur l'utilisation du blogue.

«Il n'y a pas de recette miracle, mais il est bon pour les élèves d'écrire sur des sujets qui les intéressent, avec un destinataire réel, en sachant qu'ils seront lus par quelqu'un d'autre que leur enseignant. Le blogue sert d'outil de diffusion, mais pour être efficace, il doit servir d'outil pédagogique, comme en prenant un billet en exemple pour expliquer des règles de révision.»

Pascale Thériault a également travaillé sur la dimension collective de l'écriture, avec un projet de forum réalisé avec des chercheurs d'autres universités dans des commissions scolaires à travers la province. Suivant une approche à la fois pédagogique et scientifique dans le but d'amasser de nouvelles connaissances, elle attache une grande importance à soutenir les besoins du milieu.

Loïc Pulido: de la maternelle au cégep

L'expression «apprendre en s'amusant» prend tout son sens dans les recherches du professeur Loïc Pulido, du département des sciences de l'éducation de l'UQAC. À partir d'un concept de chasse au trésor, des enfants de la maternelle de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay en sont venus à apprivoiser l'écriture plus en profondeur.

En équipe, les élèves doivent tenter d'écrire le mot correspondant à une image avec un alphabet mobile. Une bonne réponse égale une clé pour déverrouiller le coffre aux trésors. Comment un jeune de maternelle peut-il arriver à ce résultat?

«Ils devaient discuter entre eux, se mettre d'accord sur une stratégie. Par exemple, ils peuvent copier un son qui se retrouve dans le prénom de leur ami ou voir des affiches dans la classe. Certains connaissent déjà quelques lettres ou des mots. En collaborant, ils peuvent échanger leurs bons coups», explique celui qui a élaboré le jeu il y a quelques années, alors qu'il travaillait en France.

Ce projet, mené avec la professeure Marie-France Morin, titulaire de la chaire de recherche sur l'apprentissage de la lecture et de l'écriture à l'Université de Sherbrooke, a permis de voir des effets immédiats. Les élèves connaissaient plus de lettres, ils choisissaient d'écrire les mots de façon plus stratégique au lieu de se fier au hasard, ils étaient plus curieux en voyant un nouveau mot et ils échangeaient plus avec leurs enseignants.

M. Pulido est en attente d'une subvention pour faire le suivi des progrès des élèves avec leurs parents et leurs enseignants jusqu'à la deuxième année. Il travaille aussi avec le Cégep de Chicoutimi afin de créer un guide des stratégies d'écriture qui servirait dans toutes les disciplines.

«Ce n'est pas l'affaire que des enseignants de français, c'est l'affaire de tous. L'apprentissage de l'écriture n'est jamais fini. Ça commence même avant la maternelle, avec la famille. Moi-même, j'écris beaucoup dans mon travail, et je continue d'apprendre des choses!»

Constance Lavoie: jouer avec les mots

Plusieurs se rappelleront les exercices habituels de vocabulaire au primaire : apprendre des listes de mots par coeur et s'efforcer de les transcrire sans faire de faute. La professeure de l'UQAC Constance Lavoie voit dans les tablettes tactiles un bon moyen de varier cet apprentissage.

Avec des chercheurs de l'Université de l'Alberta, Mme Lavoie mène un projet pour développer une démarche d'enseignement qui conviendrait mieux aux élèves plus âgés du primaire, qui ont des besoins différents. La compétence de la communication orale y joue aussi un rôle important. « Les mots permettent à l'élève de structurer sa pensée, de s'exprimer avec clarté oralement », souligne-t-elle.

Lors du colloque de l'AQEP, elle présentera à ce sujet un atelier qui montre une autre façon de développer le vocabulaire, en s'attardant plus sur le sens des mots. La professeure fait la comparaison entre des cartes de mots sur papier et sur tablette.

La diversification des approches est aussi importante chez les plus jeunes, fait-elle valoir. Un autre atelier sur ses recherches, effectuées dans ce cas-ci en collaboration avec la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, mettra en vedette des activités de conscience lexicale pour que les enfants jouent avec les mots, le tout en s'inspirant de situations de la vie quotidienne.

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